Indemnisation des chômeurs : la France est-elle plus généreuse que les autres ?

La direction générale du Trésor a comparé le système de soutien financier des chômeurs en France avec 15 autres pays européens. Si l’Hexagone s’appuie davantage sur les allocations chômage, d’autres coups de pouce sont accordés chez nos voisins.

La France est-elle particulièrement généreuse avec ses chômeurs? Oui, si l’on tient compte uniquement des prestations versées au titre de l’assurance chômage. Mais pas plus que la moyenne européenne si l’on prend en compte d’autres coups de pouce financiers comme des aides au logement, des allocations familiales ou des réductions d’impôts, dont bénéficient les demandeurs d’emploi dans certains pays. C’est en tout cas ce qui ressort d’une récente étude de la direction générale du Trésor qui a comparé les aides financières accordées aux chômeurs en 2014 dans 16 pays européens.

Un soutien financier dans la moyenne européenne

«La France ne se singularise pas dans le paysage européen», estiment les services de Bercy qui ont comparé, dans 16 pays européens, les revenus de remplacement net moyen (après cotisations et impôts) accordés aux chômeurs toutes aides et allocations confondues. En 2014, en début d’indemnisation, les demandeurs d’emploi bénéficiaient en moyenne de 67% de leur ancien salaire, soit un niveau comparable à la Belgique (68%), l’Allemagne (67%), l’Irlande (67%), ou encore la Norvège et l’Italie (66%). Mais nettement inférieur au Luxembourg (87%), au Danemark (84%), à la Suisse (77%), à la Finlande (76%) ou encore au Portugal (74%) et aux Pays-Bas (71%).

Allocation chômage généreuse

En revanche, en France, contrairement à d’autres pays, «le revenu de remplacement des demandeurs d’emploi provient principalement des allocations chômage», soulignent les services de Bercy. En Allemagne, par exemple, «ce sont surtout les exonérations d’impôts qui contribuent à accroître le revenu des demandeurs d’emploi». Au Royaume-Uni, ils peuvent compter sur des aides familiales plus généreuses.

En France, pour prétendre à l’indemnisation du chômage, il faut avoir travaillé 4 mois (122 jours ou 610 heures dans les 28 mois qui précèdent la fin du contrat). L’Hexagone indemnise aussi longtemps ses chômeurs: il est possible de percevoir une allocation chômage pendant 24 mois (36 mois pour les plus de 50 ans). Enfin, à 7130 euros brut par mois en 2014, le plafond de l’indemnisation chômage en France est le plus élevé d’Europe (hors Irlande, où il n’y a… pas de plafond). Ce système est régulièrement dénoncé pour son coût qui pèse sur les finances publiques.

Les hauts salaires privilégiés

L’étude souligne également le fait que le système français est le plus favorable aux chômeurs qui percevaient avant un haut niveau de salaire. Ainsi, selon le Trésor, le taux de remplacement net est en moyenne de 68% en début d’indemnisation pour un demandeur d’emploi dont le salaire antérieur correspond à 200% du salaire moyen. La moyenne européenne est de 48%. Alors que les chômeurs français continuent de bénéficier d’une allocation chômage proportionnelle à leur salaire antérieur, l’allocation est d’ores et déjà plafonnée dans la majorité des autres pays européens.

En France, comme vu précédemment, l’allocation chômage maximale s’élève à 7130 euros brut par mois en 2014 contre 2370 euros au Danemark, entre 2150 euros et 2450 euros en Allemagne (selon qu’il s’agit d’anciens ou de nouveaux Länders), 1600 euros en Belgique, 1160 euros en Italie et entre 1090 euros et 1400 euros en Espagne (selon le nombre d’enfants à charge).

En revanche, les chômeurs de longue durée sont moins privilégiés en France. Au bout de deux ans d’indemnisation – synonyme de fin de droits pour beaucoup de chômeurs – «le taux de remplacement net chute fortement». Par exemple, dans le cas d’un couple avec deux enfants – où seul un des deux époux travaillait et touchait le salaire moyen avant d’être au chômage – le taux d’indemnisation passe à environ 55%. Ce niveau est «très en dessous de ce qui est observé dans la majeure partie des autres pays», souligne le Trésor.

Source : lefigaro.fr