Impôt : la nouvelle promesse de Hollande

DOSSIER – Fin août, le chef de l’Etat s’est engagé à baisser les impôts en 2016 « quoi qu’il arrive ». Quelle sera ce nouveau geste fiscal ? Son ampleur ? Tour d’horizon des contours de cette nouvelle mesure.
Le 20 août 2015, François Hollande crée la surprise et annonce qu’« il y aura des baisses d’impôts quoi qu’il arrive en 2016 ». Le président dit aussi souhaiter que la mesure soit prise rapidement pour figurer dans le projet de loi de Finances qui sera présenté en Conseil des ministres le 30 septembre. Une manière de prendre date pour la présidentielle de 2017. Et de montrer que la redistribution promise pour la deuxième partie du quinquennat reste d’actualité. « Les Français doivent être les premiers bénéficiaires des résultats obtenus », souligne-t-il, soucieux d’atténuer un ras-le-bol fiscal encore vif.
Quelle sera la mesure ? Son ampleur ? Si certains, à l’instar de Jean-Marc Ayrault plaide pour une diminution de la CSG sur les bas revenus, agir sur l’impôt sur le revenu est la piste privilégiée par le gouvernement. Après la suppression de la première tranche en 2015, Michel Sapin, le ministre des Finances, estime qu’il faut à nouveau cibler les plus basses tranches. La nouvelle baisse ne concernera pas tous les Français mais touchera « en particulier les plus modestes », indique-t-il.
Le geste fiscal fera finalement « plus de 8 millions » de bénéficiaires, annonce François Hollande, lors de sa conférence de presse, le 7 septembre. Soit un peu moins de la moitié des foyers fiscaux assujettis à l’impôt sur le revenu.
Les gagnants se situeront dans la tranche de revenus comprise entre 14.000 et 27.000 euros par part. Ils économiseront en moyenne 250 euros d’impôt par an, sachant que le montant total de cette mesure dépassera les 2 milliards. 3 millions de foyers profiteront de leur première baisse d’IR et environ 1 million ne le paieront pas ou plus.
Comment cette nouvelle baisse sera financée ? « Par des économies », explique François Hollande, pour qui « il ne peut être question d’augmenter des taxes pour faire baisser les impôts, [ni] d’augmenter le déficit ». Utiliser l’argent des repentis fiscaux – les détenteurs d’un compte bancaire à l’étranger qui ont régularisé leur situation fiscale – est aussi avancé par Michel Sapin.

Source : Les Echos