Hôpital : comment prévenir l’absentéisme ?

Selon le site Hospi Diag, édité par l’Agence nationale d’appui à la performance hospitalière (ANAP), les agents hospitaliers sont absents en moyenne 23,8 jours par an. En cause : les baisses de budget, la pénibilité et la suppression du jour de carence. Certains hôpitaux tentent de prévenir l’absentéisme. Reportage au centre hospitalier de Compiègne-Noyon dans l’Oise.

En dix ans, l’absentéisme à l’hôpital de Compiègne a augmenté de plus de 40%. Régulièrement, des agents en repos doivent revenir travailler. Une solution qui ne satisfait pas le directeur des ressources humaines. « C’est un cercle vicieux : l’absentéisme est à la fois la cause et la conséquence d’une charge de travail qui est importante. Moins on est nombreux pour faire quelque chose parce qu’il y a de l’absentéisme, plus c’est difficile et donc cela génère de l’absentéisme », explique Loïc Delastre.

Depuis un an, la direction du centre hospitalier de Compiègne-Noyon a mis en place des actions de prévention qui ciblent en priorité les services avec le plus fort taux d’absentéisme, comme le nettoyage. Malgré les machines, le travail reste très physique et fatigant. Pour compenser la pénibilité, la cadre de ce service tente d’être plus à l’écoute des demandes pour l’organisation des plannings. Ils sont fixés six mois à l’avance afin de permettre aux agents de mieux concilier vie personnelle et professionnelle. Et cela semble fonctionner : « Aujourd’hui par exemple, il n’y a aucun agent absent. C’était très rarement le cas il y a un peu plus d’un an », affirme Fabienne Candini, cadre de santé.

La direction tente aussi d’améliorer les postes de travail. Elle a créé un poste d’ergonome, occupé par une ancienne infirmière. Son premier chantier a consisté à réorganiser le secrétariat de pédiatrie. « Nous avons travaillé sur l’ambiance sonore en cloisonnant les différents postes de travail. Nous avons posé des cloisons mobiles, et aussi équipé les secrétaires de casques pour téléphoner », détaille Béatrice Rahire, ergonome.

Depuis un an, la direction de l’hôpital affirme qu’il y a eu 1.700 jours d’arrêts maladie en moins, l’équivalent de dix postes à temps plein. Des aménagements qui restent insuffisants pour les représentants du personnel. « La direction pense que l’absentéisme provoque les mauvaises conditions de travail. Nous, représentants du personnel, nous disons : les mauvaises conditions de travail provoquent l’absentéisme. Aujourd’hui, on est constamment en effectif minimum donc les personnels sont à bout », estime Sabrina Hotte, secrétaire CGT.

Comme à Compiègne, la plupart des hôpitaux publics tentent de faire baisser l’absentéisme. Au delà des aspects financiers, c’est la qualité des soins pour les patients qui est aussi en jeu.

Source : francetvinfo.fr