Handicap : trop peu de jeunes accèdent à l’université

Des progrès mais peut mieux faire ! Aujourd’hui encore, peu de jeunes en situation de handicap accèdent à l’enseignement supérieur. Sur plus de 2,4 millions d’étudiants, on ne compte que 18.000 personnes handicapées. En 2005, la loi sur l’égalité des chances a mis en place des dispositifs pour faciliter leur intégration mais des difficultés persistent.

Mehdi Cantonnet, 21ans, est en deuxième année d’école de commerce. Mention bien au bac, classe prépa… C’est un bon élève. Pourtant, quand on voit sa prise de notes, plutôt sommaire, on a du mal à le croire. Mehdi est en effet dyspraxique, il souffre d’un trouble de la motricité fine. Son écriture est quasiment illisible et taper sur un ordinateur le fatigue énormément. L’étudiant explique : « En cours, je note les informations qui me paraissent importantes et, en fait, comme cela, c’est enregistré. Et, après la feuille, je ne vais rien en faire, je vais m’en débarrasser car je ne peux pas me relire ».

Le jeune homme bénéficie d’un suivi particulier auprès de Maryse Combanaire, référente handicap de Télécom Ecole de Management. Pour ses examens, Mehdi a le droit à plus de temps. Selon les matières, il dicte son devoir à un secrétaire ou tape sa copie à l’ordinateur. Pour ces aménagements, Maryse Combanaire demande un avis médical. « Nous suivons les préconisations du médecin agréé MDPH (la maison départementale des personnes handicapées) qui va proposer tout un tas d’aménagements de scolarité ou d’examens. Ces aménagements sont destinés à compenser le handicap. En fait, c’est ce que préconise la loi de 2005. Elle dit que pour tout étudiant en situation de handicap, il y a un droit à compensation. »

Des aménagements pour les concours difficiles à obtenir

Mais pour réussir ses études, Mehdi a dû batailler. Il y a deux ans, quand il passe le concours national pour les écoles de commerce, on refuse d’abord de reconnaître son handicap. « Au début, on ne voulait pas me donner les aménagements auxquels j’avais droit. Donc on ne voulait pas me donner de tiers temps en maths alors que c’est quand même compliqué de dicter les maths. En gros, c’était « ben t’es pas à plaindre vu que t’as eu mention bien au bac, que tu arrives à suivre sans problème en prépa sans pouvoir prendre de notes correctes ». En gros, on me disait « il y a pire que toi ». Ça montrait bien que même dans les MDPH, leur vision du handicap est assez partielle et partiale ». Finalement, la situation se débloque juste avant le concours. Une source de stress supplémentaire pour le jeune homme.

Seuls 6% des personnes handicapées diplômées du supérieur

Mehdi n’est pas le seul à avoir des difficultés. 30% des 20-24 ans sont diplômés de l’enseignement supérieur, contre 6% seulement pour ceux en situation de handicap. À la Fédération étudiante pour une Dynamique Etudes et Emploi avec un Handicap (FEDEEH), on milite pour changer le regard de l’école et des jeunes eux-mêmes sur leur handicap. Fabien Gaulué est le délégué général de la FEDEEH. Selon lui, les jeunes en situation de handicap « peuvent manquer de confiance en eux car leur situation de handicap est quelque chose qui peut les déstabiliser dans le collectif, au sein de la classe. Par nature, ils sont plus vulnérables de par leur appréciation de leur propre potentiel. Donc il y a tout un travail à faire pour les convaincre de leur potentiel ».

Un taux de chômage deux fois supérieur à la population générale

Favoriser l’accès des personnes handicapées aux études supérieures, c’est capital pour améliorer leur insertion dans le monde du travail. Aujourd’hui, leur taux de chômage avoisine les 20%, soit le double de celui de la population générale.

Source : francetvinfo.fr