Handicap psychique en entreprise, comment briser les tabous ?

Niki de St-Phalle était atteinte de schizophrénie. Le travail faisait partie de sa thérapie. Elle parlait de l’art comme d’un refuge, lui ayant permis d’échapper à l’internement et au suicide. Dirigeant de CNN pendant 11 ans, Tom Johnson a parlé de ses troubles psychiques en 2002. Freud, Napoléon, Peter Gabriel, Agatha Christie, Honoré de Balzac, Winston Churchill, Audrey Hepburn ne sont que quelques-unes des personnes bipolaires les plus connues. Les troubles psychiques touchent 25 % de la population mondiale, selon l’OMS, quel que soit le pays analysé. Dépression sévère, bipolarité, schizophrénie… Ils sont l’une des principales causes d’absentéisme au travail, de perte d’emploi et de prises de retraite anticipées. Deuxième cause d’arrêt maladie et première cause d’invalidité en France, ils ne sont pourtant reconnus comme handicap par la loi que depuis 2005. Sur un sujet pourtant majeur, les entreprises semblent muettes ; la prise en compte de ces troubles s’arrête souvent à leurs portes.

1 sur 4, un dispositif inédit

Les troubles psychiques concernent 1 salarié sur 4. « Un sur Quatre », c’est justement le nom d’un tout nouveau dispositif conçu par handicap.fr et Tell me the Truffe et DFD Consulting. Il est conçu autour de fiches pratiques, d’une hotline et d’un module de formation. Il est destiné aux employeurs qui peuvent, aujourd’hui ou demain, être confrontés à des collaborateurs atteints de troubles psychiques. Il fournit les bonnes définitions, les bons conseils et apporte des témoignages pour travailler mieux, ensemble. Ce dispositif est le résultat d’un travail inédit de compilation et de synthèse d’études et de cas. Il a pour vocation à faire monter toute l’entreprise en compétence sur l’intégration du handicap psychique. Lever les tabous et balayer les craintes sur ce sujet ! Il est vrai que les préjugés ont la vie dure. Ces troubles furent longtemps associés à la folie ; d’où la réticence des entreprises à les appréhender. Encore aujourd’hui, elles manquent d’expérience. De leur côté, très souvent, les collaborateurs déjà en poste n’en parlent pas, par crainte d’être discriminés ou par méconnaissance des actions menées.

Des candidats souvent très diplômés

Face à la montée des risques psychosociaux, qui peuvent toucher chacun d’entre nous, certaines entreprises se sont engagées en matière de prévention, d’amélioration de la qualité de vie dans l’emploi. C’est une question de responsabilité sociale, de performance économique et de santé au travail. En matière de recrutement, les entreprises soumises à l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés sont souvent confrontées à une pénurie de profils de candidats possédant le niveau de formation suffisant or les personnes atteintes de troubles psychiques ont cette particularité d’être souvent très diplômées.

Des milliards économisés

Certaines ont donc fait le choix de miser sur ses profils « atypiques » mais à fort potentiel et ont réussi le pari de cette intégration ; elles souhaitent, par le biais de ce dispositif, témoigner de cette aventure couronnée de succès. Le groupe Capgemini est l’une d’entre elles : « Evidemment, l’entreprise, seule, ne détient pas toutes les clés de la santé mentale de ses salariés, ni l’entière responsabilité de leurs troubles psychiques. Mais elle peut jouer un rôle, tant dans le rétablissement des personnes que dans leur accompagnement. » Des solutions existent. Tout bénef pour tous ! En effet, en 2011, en Ecosse, une étude a évalué à 2,8 milliards d’euros par an les coûts supportés par les entreprises en raison d’une mauvaise santé mentale de leurs salariés. En 2003, une étude similaire portant sur l’Angleterre, estimait ces coûts à 21,3 milliards d’euros (sources SAMH 2011, Time to Change). Les chiffres ont parlé ; « Un sur Quatre » ouvre quant à lui le dialogue !

Source : handicap.fr