HAD : une prise en charge coordonnée au domicile du patient

Privilégier le maintien à domicile fait partie des objectifs institutionnels actuels. Les infirmières peuvent prendre part à cette prise en charge à domicile et pas uniquement à travers la pratique libérale. L’Hospitalisation à domicile (HAD) participe à ce maintien à domicile. En quoi consiste cette pratique ?

L’objectif de l’HAD est d’éviter une hospitalisation du patient au sein d’un établissement. « Cette forme d’hospitalisation permet d’assurer, au domicile du patient, des soins médicaux et paramédicaux de manière continue et coordonnée », explique Eric Ginesy, délégué national à la Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile (Fnehad).

Cette prise en charge s’adresse aux patients de toutes les catégories d’âges qu’ils soient atteints de pathologies graves, aiguës ou chroniques, évolutives ou instables. Depuis 2007, il est possible pour l’équipe d’HAD d’intervenir en Etablissement d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes (Ehpad) et depuis 2012 au sein des autres établissements sociaux et médico-sociaux.

« L’HAD présente plusieurs avantages pour le patient, souligne Alexandre Mokede, chargé des questions sanitaires à la Fédération hospitalière de France (FHF). Le fait de rester au domicile, de ne pas s’éloigner de son environnement proche, de réduire les risques d’infections associées aux soins dans un contexte hospitalier. Cependant, le risque peut être de faire porter sur les aidants familiaux une partie des soins de ″nursing″ normalement assurés par des professionnels dans les établissements hospitaliers. »

Pour le patient, l’HAD est prise en charge à 80 % par l’Assurance maladie comme toute hospitalisation sauf pour les personnes qui sont prises en charge à 100 % dans le cadre d’une affection de longue durée.

Le séjour en HAD est en principe à durée déterminée, mais elle est révisable selon la nature des soins et l’évolution de l’état de santé du patient. L’HAD intervient sur prescription médicale du médecin hospitalier avec l’accord du médecin traitant ou directement sur prescription de ce dernier.

Pour quels types de soins ?

L’HAD permet ainsi de réaliser au domicile du patient des soins ponctuels, notamment en cas de maladies non stabilisées (chimiothérapie), des soins de réadaptation au domicile pour un retour anticipé après l’accouchement par exemple, de maladies cardiaques, de traitements orthopédiques ou encore de soins palliatifs. Les professionnels de l’HAD vont surtout intervenir « dès lors qu’il y a un besoin de coordination entre les professionnels de santé médicaux et sociaux », explique Eric Ginesy.
Et d’ajouter : « Cependant chaque HAD choisit ce qui lui est possible de faire en fonction de son territoire. »

Cette sphère d’intervention est néanmoins remise en cause par les syndicats d’infirmiers libéraux, qui reprochent aux HAD de « capter » des patients qui ne relèvent pas nécessairement de leurs compétences, et de ne pas réellement « assurer la coordination qu’elles sont censées faire ».

Evaluation du patient

Avant toute admission en HAD, une évaluation de la situation du patient est réalisée par l’équipe soignante de l’établissement qui se rend au domicile pour s’assurer de la faisabilité de la prise en charge et fixer les conditions matérielles requises par le projet de soins.

Ainsi l’HAD va être envisagée si le patient est hospitalisé et que son médecin qui le suit à l’hôpital estime que les soins peuvent être poursuivis chez lui, si les conditions de domicile le permettent et enfin si le patient et sa famille sont d’accord.

Composition de l’équipe

L’HAD est obligatoirement composée d’une équipe salariée avec un médecin coordonnateur, des infirmières de coordination et des aides-soignants. Le médecin coordinateur a un rôle en amont de la prise en charge puisque « sur la base de l’évaluation, il détermine avec le médecin hospitalier ou le médecin traitant, le projet thérapeutique, précise Eric Ginesy. C’est en fonction de ce projet qu’est défini le plan de soins et sa mise en œuvre. » Il a ensuite un rôle d’ajustement et de coordination.

« Le rôle de l’infirmière de coordination est d’évaluer la faisabilité de la prise en charge du patient et de coordonner l’ensemble des intervenants salariés mais aussi libéraux comme les psychologues, les diététiciens, les masseurs-kinésithérapeutes ou encore les infirmières », souligne Eric Ginesy.

« Les raisons de l’intervention de l’HAD sont la complexité ou l’intensité des soins à dispenser, la nécessaire médicalisation des soins, et la nécessité de faire intervenir une équipe pluridisciplinaire (IDE, médecin, psychologues) », rapporte Alexandre Mokede. Mais cela n’empêche pas les HAD de faire appel aux idels.

Ces interventions des idels sont régies par des conventions passées avec les établissements. Les idels vont être rémunérées sur la base de la nomenclature des actes (NGAP). « Ce qui se pratique, c’est une application à peu près classique de la NGAP et pour les cas où l’acte n’existe pas dans la NGAP, il faut compléter la rémunération avec des AIS ou des AMI », indique Eric Ginesy.

Source : actusoins.com