Fort recul du taux de chômage au deuxième trimestre

Le nombre de chômeurs a diminué de 74.000 en France métropolitaine, soit une baisse de 0,3 point par rapport au premier trimestre, selon l’Insee. En France entière, le taux de chômage recule également, à 9,9%. Des taux inédits depuis quatre ans.

Le taux de chômage est enfin passé sous la barre des 10%. Au deuxième trimestre, le taux de chômage comptabilisé par l’Insee selon la méthode du Bureau International du Travail (BIT) a diminué de 0,3 point, si bien qu’il s’établit à 9,9% dans l’ensemble de l’Hexagone et à 9,6% pour la seule métropole, contre respectivement 10,2% et 9,9% précédemment. Un niveau inédit depuis le troisième trimestre 2012, quelques mois après l’élection de François Hollande… C’est aussi mieux qu’anticipé par l’Insee dans sa précédente note de conjoncture puisqu’elle ne prévoyait pour ce trimestre qu’une baisse de 0,1 point. Après une période de stabilisation au début de l’année, le taux de chômage poursuit donc sa décrue entamée au troisième trimestre 2015. Sur un an, le taux de chômage a baissé de 0,5 point.

Toutes les tranches d’âge bénéficient de cette amélioration, mais celle-ci est encore plus marquée chez les jeunes (-0,4 point sur un trimestre). Bonne nouvelle pour cette tranche d’âge, particulièrement touchée par les contrats courts, le taux d’emploi en CDI augmente plus fortement (+0,2 point à 48,8%) que celui en CDD ou en intérim (+0,1 point, à 7,4%). L’emploi à temps partiel diminue par ailleurs légèrement (-0,1 point) au profit de l’emploi à temps plein. Mais les personnes déclarant ne pas travailler assez et souhaitant travailler davantage sont toujours plus nombreuses (+0,3 point à 6,7%), tandis que le «halo du chômage», qui recouvre les personnes qui souhaitent travailler sans être comptabilisées par l’Insee, grossit.

Légère amélioration

La baisse de la courbe du chômage comptabilisé selon la méthodologie du BIT est par ailleurs plus franche que celle rendue publique par Pôle emploi – la courbe de Pôle emploi joue davantage au yo-yo. Les deux institutions ne comptent en effet pas les chômeurs de la même manière: tandis que l’Insee et le BIT procèdent par enquête, Pôle emploi compte tous les chômeurs systématiquement. Surtout, la définition du BIT est plus restrictive, de telle sorte que l’on peut être inscrit à Pôle emploi, mais pas compté dans les statistiques de l’Insee. Les publications de l’Insee sont donc intéressantes pour le chef de l’Etat, qui a conditionné sa candidature à une inversion de la courbe du chômage… Plusieurs ministres ont d’ailleurs déclaré au printemps vouloir s’appuyer sur les chiffres du BIT et de l’Insee plutôt que sur ceux de Pôle emploi!

Reste que la tendance est plutôt à l’amélioration – légère – du marché de l’emploi. L’économie française a à nouveau créé 24.100 postes au deuxième trimestre et 143.000 sur l’année. Et le plan de formation de 500.000 chômeurs annoncé par François Hollande a commencé à faire baisser le nombre de chômeurs. Pour l’ensemble de l’année, l’Unédic avait prévu en février une légère décrue du chômage, de 25.000 personnes, et une baisse du même ordre l’année prochaine. L’institution est généralement une bonne Pythie. Il n’y a pas encore de quoi pavoiser…

Source : lefigaro.fr