Fiscalité : des fins de mois meilleures pour les salariés… pas pour les retraités aisés

Les grands perdants sont les 60 % de retraités qui paient plein pot la CSG sur leurs pensions. En revanche, si vous êtes salarié, votre revenu devrait augmenter.

Dès le débutde la campagne, le candidat Macron avait demandé à ses équipes de plancher sur une mesure fiscale en faveur du travail. «Il voulait offrir du pouvoir d’achat aux salariés modestes», confie un proche conseiller du président.

La mesure

Le chef de l’Etat a donc promis de baisser les charges sociales que les salariés paient pour l’assurance chômage et l’assurance maladie, à hauteur de 20 milliards d’euros. Mais, en contrepartie de cet allégement de charges salariales, l’exécutif va augmenter la cotisation sociale généralisée (CSG) de 1,7 point.

Cette hausse pèsera sur tous les Français, sauf sur les demandeurs d’emploi et les retraités les plus modestes qui bénéficient déjà d’un taux réduit. Au niveau global, les montants de la baisse de charges salariales et de la hausse de la CSG sont censés s’équilibrer. Mais, au niveau individuel, le résultat ne sera pas identique pour tout le monde.

Ce que cela va changer pour vous

Si vous êtes salarié, votre revenu devrait augmenter. Pour un smicard, par exemple, le cadeau fiscal avoisinerait entre 250 et 260 euros par an. Pour les salariés plus favorisés, qui bénéficient par exemple d’un intéressement et d’une participation, ces avantages seront soumis à l’augmentation de la CSG, ce qui érodera d’autant le coup de pouce de l’Etat.

Mais les grands perdants sont les 60 % de retraités qui paient plein pot la CSG sur leurs pensions. Non seulement cet impôt va augmenter pour eux, mais en plus ils ne profiteront pas du tout de l’augmentation des salaires puisqu’ils ne travaillent plus. Exemple : sur une retraite de 1 500 euros par mois, 1,7 point de CSG représente près de 25 euros de prélèvement mensuel en plus.

Les retraités vont-ils voir rouge ? «Non», assure un proche du chef de l’Etat, puisque, entre ceux qui sont déjà exonérés de CSG et la suppression de la taxe d’habitation, «plus de 80 % des retraités» seraient gagnants au global. Quoi qu’il en soit, c’est un choix politique assumé de faire peser l’effort sur les retraités les plus riches : «Il n’y a pas de raison que seuls les salariés soient mis à contribution pour financier la solidarité nationale, comme la maladie», argumente ce conseiller.

Ce qui reste à définir

Il faut encore trouver une façon de faire profiter les fonctionnaires et les indépendants de la mesure avec une baisse des cotisations «équivalente». Car, comme ils ne paient pas de cotisations maladie ou chômage, ils sont pour le moment exclus. «La tuyauterie est à mettre au point, concède un haut fonctionnaire, mais ce n’est pas un sujet d’inquiétude car il y a plein de façons de faire.»

Il va cependant falloir agir vite car l’entrée en vigueur du dispositif est prévue au 1er janvier 2018. Cela laisse quelques mois au cabinet de Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des Finances en charge de la réforme, pour affiner le projet… et imaginer des solutions pour «ceux qui perdent sur tous les tableaux», glisse-t-on à son cabinet.

Qui sont ces particuliers ? Certains entrepreneurs (perdants au global) et les retraités les plus aisés.

Source : leparisien.fr