Financement des soins : la part des complémentaires diminue pour la première fois

La part qui reste à la charge des patients baisse aussi. La Sécurité sociale rembourse désormais 76,6 % des soins, en hausse de 0,7 point en trois ans.
Quand la consommation de soins augmente, c’est la Sécurité sociale qui paie. Publiés ce mardi matin par le ministère de la Santé, les Comptes de la santé montrent que la part de la vénérable institution dans la prise en charge des dépenses de biens et de soins médicaux, continue à croître inexorablement : 76,7 % en 2014, soit 0,7 point de plus qu’en 2011.
Cela fait le bonheur des patients, qui voient leur quote-part baisser de 0,6 point pendant la même période, à 8,5 % des dépenses – dépenses qui s’élèvent au total à 190 milliards d’euros, soit 2.900 euros par habitant.
Mais la grande nouveauté, en 2014, c’est l’amorce d’une baisse de la part des complémentaires santé. Elle retombe à 13,5 % de la dépense, soit 0,2 point de moins qu’en 2013, et 0,1 point de moins qu’en 2011.
Plus de pathologies chroniques
« Ces évolutions sont à mettre en lien avec le dynamisme des dépenses les mieux prises en charge par l’assurance-maladie (notamment les soins hospitaliers, les médicaments coûteux, etc.) et avec la progression des effectifs d’assurés exonérés du ticket modérateur en raison d’une affection de longue durée (ALD) », écrivent les rapporteurs. Autrement dit, il y a plus de pathologies chroniques, et comme elles sont prises en charge à 100 % par la Sécurité sociale, cela fait baisser la part des deux autres financeurs du système. Par ailleurs, certaines dépenses qui s’envolent, comme les transports sanitaires ou le traitement de l’hépatite C, sont également très bien remboursées sans mutuelle.
La ministre de la Santé, Marisol Touraine, s’est réjouie ce mardi de voir la « solidarité nationale » prendre une part croissante des dépenses, 78 % si l’on cumule à la fois l’assurance-maladie, l’Etat, la CMU complémentaire : « Cette évolution résulte surtout de la cohérence des choix politiques de ce gouvernement en faveur de l’accès aux soins. Encadrement des dépassements d’honoraires, coup d’arrêt aux mesures de désengagement de l’assurance-maladie, relèvement des plafonds de la CMU-c et de l’ACS : nous avons pris des mesures fortes, concrètes, qui ont fait progresser la prise en charge des Français », s’est-elle félicitée.

Source : Les Echos