Établir des smic locaux, quelle bonne idée !

Le salaire minimum est uniforme sur l’ensemble du territoire. Mais, que vous habitiez à Paris ou en zone rurale, le coût de la vie n’est pas le même…

Idée. Si le smic national est unique, il existe déjà des salaires minima différents, dans les fonctions publiques, dans les branches professionnelles. Le smic se conjugue en réalité déjà au pluriel. Pourquoi, dès lors, ne pas le négocier et le fixer à un niveau local ? Le coût de la vie et, symétriquement, le pouvoir d’achat liés au smic n’ont rien à voir selon que vous habitez Paris, une autre métropole, le périurbain éloigné, une zone rurale. Puisque l’idée du smic est de garantir un seuil minimal de niveau de vie au salarié, il faut que ce smic soit établi localement en fonction du coût de la vie locale. L’option est d’autant plus possible qu’il s’agirait en réalité d’un retour aux sources.

On l’oublie, mais l’ancêtre du smic, le smig, était régionalisé. Dans les années 1950, le pays était divisé en une vingtaine de « zones de salaire », avec chacune un taux différent du salaire minimum. Tous les smig étaient fonction de celui de la zone 0 (Paris) selon un pourcentage fixé : zone – 2,5 %, zone – 4 %, etc. Cela permettait de maintenir l’unité tout en respectant la diversité. Ce système des zones s’est progressivement résorbé pour disparaître en 1968. Il n’y aurait pas pour autant retour en arrière, mais plutôt bond en avant, en matière de décentralisation. L’idée de smic locaux consiste à décentraliser le smic peut-être plus radicalement encore que pour d’autres prestations (comme le RSA, dont le barème reste fixé nationalement). On pourrait imaginer que le smic local soit discuté et décidé entre partenaires sociaux à l’échelle des régions. Celles-ci, maintenant moins nombreuses, veulent constituer une échelle réaliste pour des politiques économiques efficaces et modernes.

Mode d’emploi. Formulée comme une réforme positive du smic et non comme une contrainte, une telle suggestion peut être audible. Il ne faudrait pas la voir comme une nouvelle discussion sur le coût du travail, mais comme une adaptation raisonnée aux coûts de la vie. Et à la vie réelle.

Source : lepoint.fr