Espérance de vie : les troubles bipolaires accélèrent le vieillissement cellulaire

D’après une nouvelle étude britannique, les personnes non-malades qui ont, dans leur famille proche, une personne qui souffre de bipolarité auraient une espérance de vie moins importante que la moyenne.

Les troubles bipolaires touchent entre 0,4 % et 1,6 % de la population adulte en France, soit environ 600 000 personnes. Cette pathologie, qui comporte généralement une phase dépressive et une phase dite « maniaque », est malheureusement mal diagnostiquée en France : il faut en moyenne 10 à 12 ans et 4 à 5 médecins différents avant qu’elle soit officiellement reconnue. Les experts estiment même que 40 % des dépressifs sont en réalité des bipolaires qui s’ignorent.

D’après une nouvelle étude menée par le King’s College London (en Grande-Bretagne), les personnes non-malades qui ont, dans leur famille, un individu touché par des troubles bipolaires, subiraient un vieillissement cellulaire accéléré.

Pour en arriver à cette conclusion, les scientifiques britanniques ont travaillé avec un panel de 217 volontaires : 63 personnes atteintes de bipolarité, 74 personnes ayant dans leur famille proche (au premier degré) une personne touchée par les troubles bipolaires et 80 individus « témoins » non-concernées par la maladie.

Le traitement au lithium a une influence sur l’espérance de vie

Première découverte : les personnes bipolaires bénéficiant d’un traitement à base de lithium présentaient des télomères plus longs que les personnes bipolaires non-traitées avec ce métal fréquemment utilisé pour lutter contre les troubles nerveux. Les télomères, ce sont les « capuchons » qui se trouvent au bout des chromosomes : d’après certaines études, plus ceux-ci sont longs, plus l’espérance de vie est élevée. D’où la conclusion des chercheurs : le traitement au lithium est bénéfique aux personnes souffrant de bipolarité.

Deuxième découverte : a contrario, les personnes ayant dans leur famille proche une personne souffrant de bipolarité présenteraient, elles, des télomères sensiblement plus courts que la moyenne, ce qui correspond à un vieillissement cellulaire prématuré.

« Des facteurs environnementaux et génétiques peuvent influencer l’espérance de vie des sujets sains » concluent les chercheurs, qui ont publié leurs travaux dans la revue Neuropsychopharmacology.

Source : topsante.com