Epilepsie : un cerveau virtuel pour mieux comprendre la maladie

Une équipe de chercheurs français vient de créer un cerveau virtuel qui devrait permettre aux scientifiques de mieux comprendre le fonctionnement de l’épilepsie mais également d’aider les chirurgiens à préparer des gestes chirurgicaux particuliers.

La technologie se met au service de la lutte contre l’épilepsie. Des chercheurs français sont parvenus à créer un cerveau virtuel permettant de reconstituer le cerveau d’une personne atteinte par la maladie. Ce nouvel outil devrait ainsi permettre aux scientifiques de mieux comprendre le fonctionnement de l’épilepsie mais également d’aider les chirurgiens à préparer des gestes chirurgicaux particuliers. Car jusqu’alors, seuls l’électroencéphalogramme et l’interprétation visuelle d’un IRM permettaient de comprendre les mécanismes de cette maladie, notamment l’origine du trouble. Selon les chercheurs, ces moyens sont limités puisque 50% des patients ne présentent pas d’anomalie visible à l’IRM.

Pour fabriquer ce cerveau virtuel, les scientifiques se sont servis d’un modèle de base et ont ajouté les informations individuelles d’un patient comme la façon par exemple dont sont organisées les régions de son cerveau et l’interconnexion des aires entre elles. Les scientifiques ont ensuite testé sur ce cerveau virtuel des modèles mathématiques engendrant une activité cérébrale. L’objectif: identifier les zones où les crises d’épilepsie naissent et de quelles manières elles se propagent dans le cerveau. « Ce cerveau a donc une véritable valeur de prédiction du fonctionnement des crises pour chaque patient, ce qui offre un diagnostic beaucoup plus précis », a expliqué le CNRS dans un communiqué. A terme, le but est d’offrir une médecine personnalisée du cerveau, en proposant, grâce à la virtualisation, des solutions thérapeutiques individualisées et spécifiques pour chaque patient.

En parallèle, ce cerveau virtuel pourrait également permettre de faciliter les chirurgies: les chirurgiens pourraient ainsi repérer les zones à risques mais aussi anticiper les complications éventuelles avant d’opérer un patient. « Les chirurgiens peuvent ainsi repérer les zones à opérer, en évitant d’avoir à procéder à un geste invasif, et surtout de préparer l’opération en testant différents gestes possibles, en voyant lequel est le plus efficace et quelles sont ses conséquences, chose évidemment impossible à faire sur le patient », ont indiqué les chercheurs. Si cette découverte fait encore l’objet d’essais cliniques, elle pourrait à terme s’appliquer à d’autres pathologies (AVC, Alzheimer ou la sclérose en plaques) si elle s’avère efficace.

Au total, l’épilepsie toucherait 500.000 personnes en France. Cette maladie, qui peut se manifester à tout âge même si elle se déclare avant 18 ans dans 75% des cas, est caractérisée par des crises de convulsions à répétition qui peuvent entraîner des pertes de connaissance mais aussi des hallucinations olfactives et auditives. Ces symptômes empêchent souvent les malades de vivre une vie normale car dans leurs formes les plus sévères, les crises entraînent une stigmatisation sociale, une interdiction de conduire, de travailler et de pratiquer un sport.

Source : francesoir.fr