En quoi consiste le chèque emploi que François Hollande annoncera lundi ?

La mesure est une aide à l’embauche pour les PME comptant jusqu’à 250 salariés…

Une aide aux petites et moyennes entreprises pour relancer l’emploi. Selon RTL, François Hollande annoncera lundi la création d’un chèque emploi destinée aux PME pour l’embauche de salariés aux bas salaires. 20 minutes fait le point sur ce que l’on sait déjà de ce nouveau dispositif.

A qui s’adresse-t-il ?

Lors de ses vœux aux Français le 31 décembre, François Hollande avait promis de nouvelles aides à l’embauche pour les PME, où « se créent les emplois », comme « chacun sait ». Le chèque emploi s’adressera donc aux PME jusqu’à 250 salariés. « Mais on ne sait pas encore s’il s’appliquera à tout type de contrat ou au CDI », explique à 20 minutes, François Asselin, président de la CGPME. Sollicité, le ministère du Travail ne nous a pas répondu.

Comment sera versée l’aide ?

Elle consistera en une prime de 2.000 euros versée à l’entreprise pour l’embauche d’un salarié ayant un bas salaire compris entre 1,2 smic (1.759.82 euros brut) et 1,3 smic (1.906,60 euros brut). « On ne sait pas encore si une même entreprise pourra la toucher pour une seule embauche ou pour plusieurs », note François Asselin. Les démarches pour toucher ce chèque devraient être faciles pour l’employeur, avec probablement une simple copie du contrat de travail à envoyer.

Quand sera appliquée la mesure ?

Dans ses vœux, François Hollande a promis que la mesure serait effective « dès le début de la nouvelle année ». Selon RTL le chèque emploi va donc « faire l’objet d’un décret pour une entrée en application immédiate ». « Cela ne m’étonnerait pas que la mesure soit applicable dès le 1er février », lance de son côté François Asselin.

Combien coûtera la mesure à l’Etat ?

D’après RTL, elle « coûterait un milliard d’euros par an en 2016 et en 2017 ».

Qu’en pensent les entreprises ?

« Cette aide n’est pas négligeable pour l’embauche d’un salarié proche du smic, mais nous n’étions pas partants pour une prime, que l’on ne touche qu’une fois. Nous aurions préféré un allégement de charges patronales sur deux ans », explique François Asselin. Un avis partagé par le patron du Medef, Pierre Gattaz. Ce jeudi sur France Inter il s’est montré très critique sur le dispositif : « Une prime, c’est aléatoire. On n’a pas envie de prime ou de subvention. On veut des baisses de charges ».

Quel sera son impact sur l’emploi ?

Cette mesure d’urgence vise à faire baisser rapidement le nombre de chômeurs, d’autant que François Hollande a déclaré qu’il ne se représenterait pas à la présidentielle si la courbe du chômage ne s’inversait pas. Mais l’ambition visée n’est pas sûre d’être réalisée. « Tout d’abord parce que cette prime ne sera pas un élément moteur pour déclencher des embauches. Une entreprise ne peut envisager de recruter que lorsque son carnet de commandes est consolidé », explique François Asselin. C’est donc surtout la reprise de l’activité qui incitera les entreprises à embaucher selon lui. Par ailleurs, comme toute aide aux entreprises, celle-ci devrait aussi générer un effet d’aubaine, ce que critique Philippe Louis, Président de la CFTC : « 80% des entreprises qui toucheront cette prime, comptait le faire de toute façon ». Pour lui, pour que le chèque emploi soit efficace, «il faudrait l’attribuer seulement l’attribuer aux entreprises qui ont réellement besoin d’une aide pour embaucher afin de remonter leur chiffre d’affaires».

Source : 20minutes.fr