Emploi : les secteurs qui prévoient d’embaucher en 2016

Plus de 1,8 million d’embauches – un record – sont prévues en 2016 selon une enquête de Pôle emploi. Une embauche sur trois est jugée « difficile », surtout pour les ouvriers qualifiés.

Le chômage n’a jamais été aussi haut. Mais les recrutements devraient eux aussi atteindre des sommets en 2016. C’est le paradoxe apparent qui ressort de l’édition 2016 de l’enquête annuelle de Pôle emploi sur les « besoins de main d’oeuvre », publiée ce mardi et basée sur les réponses de 430.000 entreprises interrogées fin 2015. Selon cette enquête (voir document ci-dessous), les intentions d’embauches ont bondi de 5,1 % en un an, pour atteindre 1,83 million (+88.000). C’est le total le plus élevé depuis sept ans, et probablement de l’histoire, même si des changements de méthodologie en 2010 rendent les comparaisons hasardeuses.

Le chiffre est encourageant mais à relativiser : la hausse, qui a été continue ces dernières années malgré des croissances quasi nulles, résulte aussi de la croissance de la population active et de la multiplication des contrats courts qui « gonflent » les embauches.

4 intentions d’embauche sur 10 concernent les services

Ce regain de confiance des dirigeants reste en outre teintée de prudence : la hausse est plus marquée pour les projets de recrutement à caractère saisonnier (742.000, +8,6%) que pour les emplois à caractère durable (près de 1,1 million, +2,8 %). La part des embauches prévues en CDI ou CDD de plus de six mois s’établit à 56,3 %, en léger recul.

Comme toujours, 70 % des projets d’embauche se concentrent dans les PME de moins de 50 salariés. Mais c’est le dynamisme des plus grandes qui devrait tirer le marché, avec des intentions en hausse de 8 % pour les plus de 50 salariés. Le secteur des services, aux particuliers et aux entreprises, restera de loin le premier recruteur, avec quatre intentions d’embauche sur dix (+4,5%). Les perspectives progressent également dans l’industrie (+2,6%) mais moins vite que les deux années passées. L’évolution la plus notable est dans la construction, avec un net rebond (+12 %) attendu après un repli du même acabit en 2015.

Ingénieurs en R&D et informaticiens

Outres les classiques postes dans l’hôtellerie-restauration (serveurs, cuisiniers, employés), dans l’entretien et dans l’agriculture (surtout des saisonniers pour les vendanges), on trouve dans la liste des métiers les plus recherchés en 2016, les ingénieurs en R&D et les informaticiens.

Autre point saillant et encourageant : la part des recrutements anticipés « difficiles » par les employeurs reste stable à 32,4 %, son plus bas historique, après un recul de 10 points en quatre ans. Mais les difficultés sont encore deux fois plus importantes dans les petites entreprises que dans les grandes et elles restent élevées pour trois métiers très recherchés : les ingénieurs informaticiens, les aides à domicile et les assistantes maternelles. La pénurie de médecins se fait aussi fortement ressentir (70 % de recrutements « difficiles »), tout comme les difficultés à trouver certains ouvriers ou artisans qualifiés (soudeurs, couvreurs, plombiers, chaudronniers, bouchers).

4.200 conseillers Pôle emploi pour accompagner les entreprises

L’inadéquation ou la pénurie de candidats sont les principales difficultés avancées par les employeurs, loin devant les limites que peuvent constituer les conditions de travail et les salaires proposés. Pour y remédier, Pôle emploi mise sur des campagnes de communication pour « casser les stéréotypes liés à certains métiers », « l’élargissement du sourcing » avec la transmission des offres difficiles à pourvoir à des sites emploi partenaires, ou encore le développement de « salons virtuels de recrutement », explique son directeur général, Jean Bassères.

La principale réponse reste le déploiement, achevé en octobre dernier, de 4.200 conseillers Pôle emploi dédiés à l’accompagnement des entreprises. Les premiers résultats se veulent encourageants : ces trois derniers mois, le taux de satisfaction des entreprises recourant à Pôle emploi est passé de 65 à 71 %, selon les indicateurs internes à l’opérateur.

Source : lesechos.fr