Emploi : les mesures s’empilent à l’approche de 2017

Faute d’amélioration sur le front de l’emploi, les dispositifs se sont multipliés pour trouver une occupation aux chômeurs.

« Face au chômage, François Mitterrand disait « on a tout essayé ». François Hollande, lui, dit « on va tout essayer ». » Ainsi Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, commentait-il en janvier l’annonce d’un nouveau train de mesures contre le chômage – aide à l’embauche, plan de formation, relance de l’apprentissage. De fait, l’éventail des dispositifs mis en oeuvre par le chef de l’Etat pour accompagner le retour à l’emploi s’avère conséquent. Même s’il n’a pas jusqu’ici suffi à faire baisser durablement le chômage.

Plus d’emplois aidés

En arrivant au pouvoir, la gauche a créé les emplois d’avenir pour les moins de 25 ans peu qualifiés. Elle a aussi mis en place des contrats de génération : une aide à l’embauche d’un jeune, en échange du maintien d’un senior dans l’emploi. Le contrat unique d’insertion a été maintenu en parallèle pour les personnes éloignées de l’emploi, dans le privé (CUI-CIE) et surtout dans le secteur non marchand (CUI-CAE). Fin mars, 593.000 salariés bénéficiaient d’un emploi aidé, un chiffre en constante hausse depuis 2013.

Service civique et garantie jeunes

En janvier 2016, François Hollande a fixé un nouvel objectif de 350.000 moins de 25 ans en « service civique » en 2018. Ambitieux : en 2015, ils n’étaient que 60.000 à avoir ainsi effectué une mission d’intérêt général de 6 à 12 mois. Par ailleurs, la loi El Khomri crée un « droit » à la garantie jeunes pour les jeunes de 16 à 25 ans ni en emploi, ni en études, ni en formation, dès 2017. Ce dispositif sous condition de ressources, lancé en 2014, prévoit un accompagnement renforcé vers l’emploi, par les missions locales, et une allocation mensuelle de 461 euros, pendant un an. Pour les moins de 28 ans diplômés depuis moins de 3 mois, est créée une aide de quatre mois à la recherche du premier emploi. Fin 2015, 46.000 jeunes avaient bénéficié de la garantie.

Un plan massif de formation

C’est l’annonce phare du plan de janvier, juste après que François Hollande a décrété « l’état d’urgence social et économique » face au chômage. L’objectif est d’offrir 500.000 formations à des chômeurs. Pour un coût de près de 1 milliard. Les chômeurs de longue durée sont prioritaires  : 38 445 d’entre eux sont entrés en formation entre janvier et avril 2016.

Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi dopé

Alors que la C3S devait disparaître en 2017, François Hollande a annoncé fin juin que cette taxe à laquelle seuls les grands groupes sont assujettis serait maintenue et que son produit de 5 milliards d’euros servirait en partie à augmenter le CICE. Le taux du crédit d’impôt, équivalant actuellement à 6 % de la masse salariale correspondant aux rémunérations inférieures à 2,5 SMIC, sera porté à plus de 7 % en 2017. Le chef de l’Etat espère que les PME, qui embauchent plus de petits salaires, vont en profiter pour créer des emplois.

Source : lesechos.fr