Emploi des cadres : l’embellie se confirme et devrait durer jusqu’en 2018 au moins

L’Apec a revu à la hausse ses prévisions d’embauche de cadres en 2016.
La barre des 200.000 recrutements devrait être atteinte, une première depuis 2008.

La reprise de l’emploi des cadres se confirme et tend même à s’accélérer. C’est ce qui ressort des prévisions actualisées que publie aujourd’hui l’Association pour l’emploi des cadres (Apec). Début février, son baromètre annuel tablait sur 191.000 recrutements de cols blancs en 2016, un total qui prolongeait déjà le net rebond entamé en 2014. Désormais, s’appuyant sur la prévision de croissance de 1,6 % établie par l’Insee, l’Apec estime que « les fondamentaux d’une croissance robuste sont désormais en place » et que les recrutements devraient alors atteindre la barre des 200.000 dans l’année, en progression de 10 % en un an, retrouvant ainsi son plus haut niveau depuis 2008. Cette tendance, établie via un modèle économétrique, est confirmée par les études complémentaires effectuées sur le terrain par l’Apec, tant dans les cabinets de recrutement, qui témoignent d’un net rebond de leur activité au premier semestre, que dans les entreprises : 52 % affirment qu’elles embaucheront au moins 1 cadre au cours du troisième trimestre, soit 4 points de plus que l’an passé à la même époque.

Si la croissance se maintient à ce niveau, la dynamique devrait même se poursuivre en 2017 et 2018, anticipe le baromètre, avec alors 210.000 puis 220.000 recrutements dans l’année. Cela constituerait de nouveaux records, supérieurs aux niveaux atteints avant la crise, de 2006 à 2008, sans pour autant bénéficier d’une croissance aussi marquée qu’alors. Cela rappelle que la hausse en cours des recrutements de cadres, si elle résulte en partie d’un contexte économique un peu plus favorable, est aussi le fruit d’une évolution structurelle du salariat, avec des besoins accrus de compétences dans les entreprises sur fond de tertiarisation de l’économie. Le phénomène est aussi alimenté par la pyramide des âges : de 51.000 à 55.000 cadres en poste devraient partir à la retraite chaque année de 2016 à 2018, contre 46.000 à 48.000 par an ces trois dernières années.

« Reste un aléa majeur à suivre de près : celui de l’impact de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sur l’économie française », nuance toutefois Jean-Marie Marx, directeur général de l’Apec. Mais, même en cas de coup d’arrêt à la reprise économique, les évolutions démographiques et la part croissante des cadres dans le salariat permettraient aux recrutements de cols blancs de demeurer à un niveau assez élevé, estime l’étude de l’Apec : sur la base d’une croissance retombant à + 0,5 % et + 0,7 % en 2017 et 2018, son modèle économétrique table tout de même alors sur quelque 195.000 embauches de cadres ces deux années.

Le marché est tiré en particulier par les besoins dans l’informatique, avec environ 40.000 embauches attendues. Les fonctions commerciales et R&D sont aussi recherchées, avec plus de 30.000 recrutements escomptés. Le secteur des services serait une nouvelle fois la véritable locomotive du marché. Nouveauté de 2016, cette reprise profite enfin clairement aux jeunes diplômés, délaissés ces dernières années. « Il y a un effet de rattrapage et aussi les conséquences de l’arrivée sur le marché des premiers diplômés avec des compétences nouvelles et très recherchées, dans le Big data ou le cloud en particulier », analyse-t-on à l’Apec. Jusqu’à 45.000 jeunes diplômés pourraient ainsi être embauchés cette année, soit 10.000 de plus qu’il y a deux ans. Les niveaux record d’avant-crise ne seraient pas dépassés mais quasi rattrapés.

Source : lesechos.fr