DIABÈTE, OBÉSITÉ, MALADIES INFECTIEUSES… Les selles, le médicament de demain ?

INNOVATION – Des chercheurs planchent sur une nouvelle façon de soigner les patients : la transplantation fécale. Ce type de traitement, qui a déjà fait ses preuves sur les pathologies intestinales, pourrait également être utilisé contre le diabète ou les maladies infectieuses.

Et si les antibiotiques étaient remplacés par de la matière fécale ? L’idée n’est pas des plus ragoûtantes, et pourtant elle mérite d’être creusée. Dans un article publié ce lundi, Le Monde explique que la transplantation de microbiote fécal, qui consiste à administrer des selles d’un donneur sain dans le tube digestif d’un patient receveur afin de rééquilibrer la flore intestinale de l’hôte, « affiche un taux de succès de près de 90% » lorsqu’il s’agit de vaincre la bactérie Clostridium difficile, responsable des maux de ventre et des diarrhées.

Et pour cause, les 100 milliards de bactéries qui se côtoient dans nos intestins et composent ce que l’on appelle le microbiome ou la flore intestinale, jouent un rôle central dans de nombreuses maladies. Mais là où un antibiotique va tout chambouler en détruisant la bactérie nocive, la matière fécale, elle, sera moins agressive.

Plus de 150 essais en cours

Cette technique a d’ailleurs été reconnue par l’Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM) en 2014, qui l’a érigée au rang de médicament grâce à la démonstration de son action curative contre la dysbiose, un déséquilibre du microbiome. Désormais, les chercheurs souhaitent lui découvrir de nouvelles actions bienfaitrices. Plus de 150 essais sont d’ailleurs en cours.

La technique pourrait ainsi s’avérer payante pour traiter le diabète, l’obésité ou encore les maladies infectieuses. Des études chinoises ont d’ailleurs démontré l’efficacité de ce type de transplantation sur des pathologies neurologiques comme l’épilepsie.

Pour l’instant, la transplantation de matière fécale a été pratiquée dans 28 centres hospitaliers français habilités, selon les données récoltées par Le Monde. C’est le Groupe français de transplantation fécale (GFTF), qui a été créé en 2014, qui est chargé d’harmoniser les pratiques cliniques. Si les banques de selles n’existent pas encore, certains centres hospitaliers peuvent conserver des matières fécales dans leur pharmacie à usage interne (PUI) à condition de les conserver à -80°C pendant maximum 6 mois. Reste à savoir si cette technique, pleine de promesses, arrivera à dépasser la barrière psychologique qu’elle peut susciter.

Source : lci.fr