Le diabète de type 2 se répand chez les jeunes

Autrefois réservée aux adultes en surpoids, cette forme de diabète n’épargne plus aujourd’hui les enfants et adolescents. Les causes sont multiples.

C’est une tendance qui inquiète les médecins de l’île de La Réunion. De plus en plus d’enfants sont atteints de diabète de type 2, une forme autrefois réservée aux adultes en surpoids. À tel point que l’on a longtemps parlé de «diabète de la maturité» pour distinguer ce type de diabète de celui nécessitant des injections pluriquotidiennes d’insuline (diabète de type 1) qui se révèle plutôt dans l’enfance. Les premiers cas de diabète de type 2 chez les enfants ont été rapportés au début des années 1990 aux États-Unis.

Une inquiétude que l’on retrouve également dans un centre universitaire comme l’hôpital Robert-Debré (Assistance publique des hôpitaux de Paris): entre 2010 et 2012, le diabète de type 1 ne représentait plus que 70 % des nouveaux cas de diabète chez les moins de 19 ans hospitalisés au moment de la révélation de leur maladie, selon une étude présentée lors du congrès annuel de la Société francophone du diabète. Des données que l’on ne peut toutefois pas extrapoler à toute la France.

À La Réunion, l’incidence du diabète de type 1 n’est que de 10,2 pour 100. 000 (chez les moins de 19 ans), soit nettement inférieure à celle de la métropole, qui atteint 19,1 pour 100.000 (chez les moins de 15 ans). C’est ce que révèle le travail de thèse du Dr Anais Tezier, qui a repris tous les dossiers des enfants et adolescents ayant été hospitalisés sur l’île entre 2010 et 2014 pour une révélation de diabète avant l’âge de 18 ans. Une fois sur dix (9,4 %), il s’agissait d’un diabète de type 2.

L’occidentalisation du mode de vie

«Actuellement, aux États-Unis, le diabète de type 2 compte pour 34 % des nouveaux cas de diabète chez l’adolescent, avec des proportions encore plus importantes dans certains groupes ethniques», explique le Dr Élise Bismuth-Reisman, du CHU site sud Saint-Pierre, La Réunion. «Sur l’île, l’occidentalisation rapide du mode de vie a favorisé la diminution de l’activité physique, d’une part, mais également l’accès à une alimentation plus abondante, plus riche et, jusqu’à il y a quelques années, plus sucrée qu’en métropole», remarque la pédiatre.
De quoi provoquer un accroissement des cas de diabète de type 2 chez l’enfant. Les deux tiers d’entre eux avaient plus de 15 ans, trois sur quatre étaient des filles et les trois quarts des enfants étaient obèses au moment du diagnostic.

Source : lefigaro.fr

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