Deux Français sur trois mécontents de la politique familiale de Hollande

Touchés par le «ras-le-bol fiscal», 64 % des Français désapprouvent la politique familiale du gouvernement qu’ils jugent à la fois susceptible de faire baisser la natalité et peu efficace pour le redressement économique de la France.

Les familles sont-elles au bord du «burn out» fiscal? Huit Français sur dix (79 %) pointent en tout cas un «ras-le-bol» fiscal, selon un sondage Ifop réalisé pour la CNAFC (Confédération des associations familiales catholiques) sur un échantillon représentatif de la population française de 1006 personnes.

Double abaissement du quotient familial, baisse de la prime de naissance et de l’aide à la garde d’enfant, réforme du congé parental ou encore modulation des allocations familiales en fonction des revenus… Depuis plus de trois ans, les réformes de la politique familiale se succèdent. Plus de quatre Français sur dix et deux tiers des familles ayant deux enfants indiquent que leur foyer a été touché par une de ces mesures d’économie. Elles sont désapprouvées par 64 % des Français interrogés qui estiment qu’il s’agit «plutôt d’une mauvaise chose». Un rejet aussi fort chez les électeurs de Nicolas Sarkozy (72 %) que chez ceux de Jean-Luc Mélenchon (71 %). Quant à ceux qui ont glissé un bulletin «François Hollande» dans les urnes en 2012, il ne sont qu’une petite majorité – 52 % – à approuver cette politique.

Remise en cause du «petit troisième»

Entrée en vigueur en juillet 2015, la mise sous conditions de ressources des allocations familiales semble avoir créé un sentiment d’instabilité. Annoncée à l’automne 2014, cette réforme avait fait polémique car elle remettait en cause le principe d’universalité de l’aide sociale. Aujourd’hui, 78 % des Français pensent que le seuil de revenu à partir duquel les allocations seront réduites continuera d’être abaissé au fil du temps. 83 % estiment même que l’abandon de l’universalité pourrait s’étendre à d’autres prestations sociales et que les remboursements de soins ou d’actes médicaux pourraient être à leur tout modulés en fonction du revenu. Vent debout contre cette réforme, les AFC (Associations Familiales Catholiques) ont déposé un recours devant le Conseil d’État contre son décret d’application. «Ces résultats sont révélateurs d’un climat d’incertitude. Quand on a enfreint une loi universelle, on s’expose à des changements permanents», commente leur président, Jean-Marie Andrès.

Ces coups de rabot dans la politique familiale vont-ils entraîner une baisse de la natalité? Si les démographes se montrent plutôt sceptiques sur cette relation de cause à effet, des syndicats et des associations familiales ont pointé le risque de faire perdre à la France son titre de «championne d’Europe des bébés». Leur crainte est partagée par un Français sur deux et, surtout, par 62 % des parents de deux enfants ou plus, qui pointent la possibilité de report d’une nouvelle naissance. Si l’on se fie à ces résultats, la politique familiale du gouvernement pourrait remettre en cause la naissance d’un «petit troisième» et réduire le nombre de familles nombreuses. Quant à ses effets sur le redressement de l’économie française, ils échappent à 77 % des Français.

Source : lefigaro.fr