Déserts médicaux : la carte de France du surpoids

Les départements touchés par un surpoids supérieur à la moyenne nationale sont aussi ceux qui manquent le plus de médecins. Pourquoidocteur l’illustre en deux cartes.

Les déserts médicaux souffrent de la double peine. C’est ainsi que le fabricant d’objets connectés Withings résume la tonalité de sa dernière étude sur la santé des Français. Réalisée en partenariat avec le secrétariat médical virtuel Doctolib, elle montre que les zones en manque de médecins sont celles qui en auraient le plus besoin : le surpoids et l’hypertension artérielle y sont plus présents qu’ailleurs. Les cartes que Pourquoidocteur a tirées des données communiquées par Withings reflètent bien ce constat.

Des zones moins denses

Presque 45 % des Français qui possèdent un objet connecté sont en surpoids (un tiers en population générale). 20 % de ces mêmes porteurs souffrent d’hypertension artérielle. Deux paramètres qui nécessitent un suivi régulier par un médecin généraliste. En effet, le surpoids peut être à l’origine de maladies associées, comme le diabète ou des pathologies cardiovasculaires. L’hypertension artérielle, si elle n’est pas traitée, provoque elle aussi des maladies du cœur et des artères.

Selon le département, ces deux affections n’ont pas la même présence au sein de la population. Jusqu’à 51 % des porteurs d’objets connectés sont concernés par l’excès de poids – indicateur obtenu par l’IMC. Ce constat s’applique surtout aux zones où le maillage urbain est relâché. A Paris, 38 % de la population est en surpoids – une moyenne inférieure à celle de l’Hexagone. Mais la capitale est aussi mieux dotée sur le plan des infrastructures sportives (stades, parcs, terrains de basket, etc.) ; la promotion de l’activité physique y est aussi meilleure sur le plan des transports en commun, des pistes cyclables.

De fait, 73 % des équipements sportifs sont situés en zone urbaine et péri-urbaine. Les espaces ruraux sont donc clairement défavorisés. C’est sans doute ce qui explique que les zones montagneuses – moins propices aux déplacements à pied – ou majoritairement rurales soient les plus affectées par le surpoids. Le constat est similaire pour l’hypertension.

Un écart qui se creuse

Ces départements démunis ont pourtant un besoin crucial de médecins généralistes. Une exigence qui n’est pas remplie puisque c’est bien le contraire qui s’observe : l’accès aux soins est plus compliqué dans les zones en demande. « La densité moyenne en France est de 334 praticiens pour 100 000 habitants. On en dénombre 798 pour 100 000 habitants à Paris, mais ils ne sont que 180 pour 100 000 habitants dans l’Eure », illustre Nicolas Schmidt, chef de produit Withings contacté par Pourquoidocteur.

D’après les données communiquées par Doctolib, le délai d’attente varie fortement entre les zones les mieux dotées et les plus déshéritées. Rien qu’en Île-de-France, le temps avant un rendez-vous chez le médecin généraliste passe de 4,09 en Val-de-Marne à 9,39 en Seine-et-Marne. A noter que la concentration de population a aussi tendance à rallonger les délais – comme à Paris.

Les écarts risquent de se creuser davantage entre les départements : selon le Conseil national de l’Ordre des Médecins, un généraliste sur quatre partira en retraite sans remplaçant d’ici 2025. La situation pourrait donc s’aggraver dans les déserts médicaux et de nouveaux pourraient apparaître dans les zones de tension.

Source : pourquoidocteur.fr