Dépendance à l’alcool : une maladie pas assez diagnostiquée

L’image de l’alcool en France reste de nos jours encore trop positive. C’est en tout cas l’opinion du Dr Alain Rigaud, psychiatre et addictologue, président de l’association nationale de prévention en alcoologie et addictologie. Selon lui, l’assouplissement de la Loi Evin est en contradiction totale avec la nécessaire accélération de la prise en charge du problème alcool.

« La vision sociétale de l’alcool, encouragée par les lobbies et relayée par les politiques s’avère très binaire, explique le Dr Rigaud. On est présumé buveur modéré et responsable tant que l’on n’a pas été déclaré buveur malade alcoolique. Soit on est l’un, soit on est l’autre ! » Or cette conception ne prend pas en compte les patients qui un jour ou l’autre pourront être confrontés à un problème avec leur consommation d’alcool.

Pour asseoir encore son discours, le Dr Rigaud évoque les dégâts liés à l’assouplissement de la Loi Evin. « Plus vous êtes exposés à la publicité, plus cela donne une norme de consommation sociale. Or l’alcool est aujourd’hui un produit trop valorisé. Cela fragilise le travail de prévention sur une consommation raisonnable. Oui boire un verre de temps en temps, cela relève du plaisir. Mais attention à la régularité de la consommation, elle peut devenir nocive. »

Ce contexte ne facilite pas le diagnostic. Le Dr Rigaud parle de « sous-diagnostic ». Plus de 2 millions de Français souffriraient de dépendance à l’alcool et seulement 10 % seraient pris en charge. Or l’arsenal thérapeutique est plus large aujourd’hui.

Source : paris-normandie.fr