CSG, l’impôt que tous les Français paient et qu’ils connaissent le moins

S’ils connaissent tous, plus ou moins, le montant de leur impôt sur le revenu, les Français ignorent ce qu’ils versent à l’État au nom de la CSG. C’est pourtant cet impôt qu’Emmanuel Macron entend augmenter. Décryptage d’une fiscalité méconnue qui permet pourtant de financer la protection sociale depuis 1991.

Emmanuel Macron s’est engagé à repenser la façon dont les Français, salariés ou non, financent leur protection sociale. L’augmentation de la CSG, la contribution sociale généralisée, est au cœur de son programme de réformes. Mais comme cette contribution est prélevée automatiquement depuis plus de 25 ans, peu de Français savent ce qu’ils paient et à quoi est utilisé ce prélèvement. Le point en 3 questions.

À quoi sert la CSG?

Cet impôt a été créé en 1991 afin que le financement de la protection sociale ne repose plus seulement sur les salariés et les entreprises. Ses recettes financent les régimes d’assurance maladie, la branche famille mais aussi le Fonds de solidarité vieillesse (FSV) et la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades).

Aujourd’hui la CSG représente plus des deux tiers des impôts et taxes affectés à la protection sociale. Avant sa création, seuls les revenus du travail étaient mis à contribution pour financer la Sécurité sociale. Ce qui, en plus d’alourdir le coût du travail, posait un problème d’équité vu que seuls les salariés cotisaient.

Qui la paye?

La CSG est prélevée à la source sur l’ensemble des revenus des personnes résidant en France. Sur les salaires et les primes, son taux est de 7,5%. Sur les pensions de retraites et les allocations chômage, la ponction atteint respectivement 6,2% et 6,6%. Le taux appliqué aux revenus du patrimoine est plus élevé: 8,2%. Mais les plus ponctionnés sont les adeptes des paris et jeux de hasard (loto, casino, PMU…). Leurs éventuels gains subissent un prélèvement de 9,5%.

Quelle est la réforme envisagée?

Les taux de la CSG ont déjà été révisés trois fois depuis la création de cet impôt, Emmanuel Macron veut appliquer à l’ensemble des taux actuels une augmentation de 1,7 point, dont les chômeurs et les retraités les plus modestes seraient toutefois exemptés.

Cette hausse permettrait d’engranger plus de 20 milliards de recettes supplémentaires sur cet impôt qui a rapporté déjà 97 milliards en 2016. Mais le gouvernement veut mettre en place des mesures compensatoires, pour préserver, voire augmenter, le pouvoir d’achat. Ainsi les cotisations salariales pour l’assurance maladie et le chômage, qui représentent au total 3,15% du salaire, seraient supprimés. « Pour un salarié qui gagne 2200 euros nets par mois, ce sera 500 euros nets supplémentaires par an », selon un chiffrage d’En Marche.

En revanche, la moité des retraités français (8 millions sur 14 millions) devraient voir leurs revenus diminuer. Ainsi un retraité vivant seul et percevant 1500 euros, l’augmentation de la CSG lui coûtera 25 euros. Mais l’exemption de taxe d’habitation dont devraient par ailleurs bénéficier 80% des contribuables, devrait compenser pour une large partie des retraités la hausse de la CSG. Du moins pour ceux qui ne sont pas en maison de retraite, dont les résidents ne sont pas assujettis à la taxe d’habitation.

Source : bfmbusiness.bfmtv.com