Convention médicale, quel décryptage politique

Convention médicale, un décryptage politique paraît nécessaire pour caractériser la nouvelle situation conventionnelle (Ese publiera un dossier copplet dans son numéro du 9 septembre): Les « vainqueurs »?

Incontestablement, Nicolas Revel, directeur général de la Cnamts, qui a su tirer son épingle du jeu dans un contexte difficile sur le plan politique et financier. politique en raison de l’affaiblissement du gouvernement, de l’opposition redoublée des médecins envers la politique de Marisol Touraine (qui fut, à raison, discrète tout au long de la négociation); économique, car personne ne jugeait possible que le patron de l’assurance maladie puisse obtenir de la tête de l’exécutif une telle marge de manoeuvre financière au final pour emporter un accord.

MG-France est aussi vainqueur pour obtenir l’alignement, vieille revendication, du C sur le CS à 25 € en une fois et dès le 1er mai 2017. MG-France conforte ainsi sa posture « conventionniste et réformatrice », Claude Leicher, son président est donc conforté.

La FMF gagne aussi. Elle le doit à l’action personnelle, bien que parfois « agitée », de son président, Jean-Paul Hamon.La FMF avait plutôt gagnée les élections aux URPS en octobre 2015 mais s’était vu largement écartée par une alliance circonstancielle CSMF-SML sur les présidences d’unions.

Paradoxalement, les deux syndicats gagnants de la convention sont les deux « perdants » dans la distribution des postes dans les URPS bien que vainqueurs dans les suffrages professionnels…

Enfin, Le Bloc signatire du texte confortera la nouvelle majorité compte tenu de la place stratégique des spécialistes des plateaux techniques.

Les « perdants », le SML et surtout la CSMF escomptent un possible retour « aux affaires » grâce à une action politique de terrain et une prise en compte de leurs attentes lors des élections présidentielles de mai 2017.

Pas sûr toutefois que ce scénario fonctionne.

Plusieurs raisons à cela: pas moins 53% des voix aux élections URPS et près de 75% des médecins généralistes votants à ce scrutin ont approuvé la convention médicale (MG-France, collège des généralistes de la FMF et de la CSMF).

Le coût global de l’accord final sera plutôt de 1,5 Md € et non pas seulement de 1,3 comme indiqué ( la part de l’UNOCAM sur le forfait patientèle qui se décidera le 16 septembre est de 150 Ms €, à ajouter donc) est 3 fois supérieur au coût de l’accord de 2011. Soit en moyenne (tous aspects compris) 14000 € par médecin conventionné et plus de 16000 € par médecin conventionné en secteur 1.

Pas mal vu l’état des finances de l’assurance maladie !

Et 75% de ce montant va à la médecine générale, jugée prioritaire par tout le monde.

La gauche, alors, plus généreuse que la droite envers les médecins libéraux ?

Vu le contexte économique général, la droite de retour possible aux affaires en mai prochain pourrait juger utile de tergiverser…

D’autant que le pouvoir d’achat des spécialistes croît touours plus vite que celui des généralistes.

Bref, au final, quand bien même l’accord porte plutôt une forte dimension « salariale » que réformatrice, c’est une bonne affaire pour les médecins libéraux (même les opposants le reconnaissent en privé) en attendant une vraie révolution pour la médecine de ville…

Source : miroirsocial.com