La convention d’assurance-chômage validée

Le texte réforme la règle de calcul de l’allocation, durcit l’indemnisation des chômeurs de plus de 50 ans et acte la création d’une contribution exceptionnelle temporaire pour tous les contrats de travail, à la charge des entreprises.

Sur la corde! Confirmant les informations du Figaro, l’entourage de la ministre du Travail a annoncé que Myriam El Khomri signera jeudi l’agrément du gouvernement à la nouvelle convention d’assurance-chômage, ce mercredi. La convention régira à partir du 1er octobre, pour trois ans, les règles du régime. Le Medef, la CPME, l’U2P, pour les employeurs, la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC et FO, côté syndical, avaient eux-mêmes paraphé le 15 avril la convention, qui retranscrit leur accord du 28 mars. Le texte apporte plusieurs changements. Il réforme la règle de calcul de l’allocation pour prendre en compte de façon homogène le salaire perdu, durcit l’indemnisation des chômeurs de plus de 50 ans et acte la création d’une contribution exceptionnelle temporaire de 0,05 % de la masse salariale pour tous les contrats de travail, à la charge des entreprises.

Au final, ces nouvelles règles devraient générer, à partir de 2022 en rythme de croisière, 885 millions d’euros d’économies nouvelles par an et 6 millions de recettes supplémentaires, selon un nouveau pointage de l’Unedic. Le changement de mode de calcul de l’allocation rapportera ainsi 448 millions d’euros et le durcissement des règles d’indemnisation des plus de 50 ans, 400 millions. Les économies prévues sont loin de répondre aux défis de l’équilibre du régime de l’assurance-chômage qui affiche une dette de 30 milliards d’euros et un déficit de 3,6 milliards en 2017.

Les partenaires sociaux font toutefois le pari que cet accord difficile, qui n’a suscité aucune opposition dans la rue, leur permettra d’aborder en position de force leurs relations avec le prochain exécutif. Ils ont bien sûr en ligne de mire le favori de la présidentielle, Emmanuel Macron, qui prévoit d’organiser, s’il est élu le 7 mai, une mini-consultation des syndicats et du patronat en juin avant de réformer, en juillet par ordonnances, le Code de travail. Puis de s’attaquer, à l’automne, à l’assurance-chômage en sortant de la logique assurantielle, en intégrant les indépendants et les démissionnaires au sein du régime, ou encore en reprenant en main la gestion…

source: lefigaro.fr