Contrats aidés : Une baisse se dessine

Pour la première fois depuis début 2013, les rangs des bénéficiares de contrats de travail aidés se sont rétrécis au 3ème trimestre 2016.

Les recrutements se font plus rares

Depuis son amorçage début 2013, la courbe haussière des emplois aidés n’a jamais connu d’évolution à la baisse. Mais comme toute autre mesure de soutien artificiel à l’économie, le « toujours plus » de contrats aidés devait s’arrêter tôt ou tard. C’est désormais chose faite : 518 000 salariés bénéficiaient d’un contrat aidé fin septembre 2016, soit 26 000 contrats de moins qu’il y a un an.

La baisse s’observe pour tous les types de contrats, sauf les contrats d’insertion. La baisse la plus spectaculaire concerne les emplois d’avenir : 8 000 contrats de moins au 3ème trimestre 2016. Les jeunes embauchés en 2013 et 2014 sous l’effet de discours politiques ambitieux étant sortis du dispositif, les nouveaux recrutements se sont faits au compte-gouttes.

Une baisse attendue

À en croire une étude réalisée par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) du Ministère du Travail fin octobre 2016, les emplois aidés étaient depuis longtemps un dispositif voué à l’échec. Sur les 10 000 employeurs interrogés, seuls 46 % envisageaient de garder leur salarié(s) actuellement en contrat aidé à l’issue de ce contrat. Ce pourcentage se situait encore plus bas pour les femmes (41 %). En même temps, 75 % des employeurs ayant recruté via ce type de contrat souhaitaient à nouveau y faire recours.

Un gâchis entretenu

Un constat différent, mais toujours allant dans le même sens, a été fait en octobre 2016 par la Cour des Comptes : les employeurs faisaient systématiquement recours aux dérogations afin d’embaucher en contrat aidé des jeunes qualifiés, ce qui va à l’encontre du principe même du contrat aidé : favoriser l’insertion des publics peu ou pas qualifiés.

« En définitive, les jeunes âgés de 16 à 20 ans les plus éloignés de l’emploi ont moins accédé à ce dispositif que des jeunes déjà connus des missions locales qui disposaient déjà d’une expérience professionnelle », estimaient les Sages. Par ailleurs, seuls 23 % des jeunes étant passés par ces contrats ont bénéficié d’une formation, – condition pourtant obligatoire dans ce dispositif.

Source : economiematin.fr