Construire des crèches nuit-il au plein-emploi ?

En France, le taux d’emploi féminin à taux plein s’élève à 43 %, contre 37 % en moyenne chez nos voisins européens. Un retard qui s’explique en partie par les politiques familiales françaises.

Les Français travaillent moins que leurs voisins. C’est ce qu’indique notre taux d’emploi, c’est-à-dire le rapport entre les effectifs en emploi et la population en âge de travailler: il s’élève à 64,2 %, contre 73,8 % en Allemagne, 71,9 % au Royaume-Uni, 74,9 % en Suède… Ce retard est creusé par la faiblesse du travail à temps partiel en France, où seulement 12 % de la population en âge de travailler ont opté pour cette voie, contre 20 % dans les pays européens à fort taux d’emploi.

Ce décrochage s’expliquerait essentiellement, selon France Stratégie, par les politiques familiales françaises. Le temps partiel concerne en effet en priorité les femmes. Elles sont, en France, comme en Allemagne, près de cinq à six fois plus nombreuses que les hommes à être concernées par ce type de poste. Or, en France, grâce aux politiques d’accueil des jeunes enfants, mais aussi aux rythmes scolaires – les enfants sont occupés toute la journée -, les femmes peuvent travailler à temps plein. Le taux d’emploi féminin à taux plein s’élève ainsi à 43 %, contre 37 % en moyenne chez nos voisins européens.

Outre cette spécificité féminine, l’essor du temps partiel a été encore étouffé au début des années 2000 par la réduction de la durée légale du travail et la suppression des abattements en sa faveur. Or pour une entreprise, créer un emploi à temps partiel est toujours plus simple qu’un emploi à plein- temps.

Selon France Stratégie, il serait possible de rattraper en partie le déficit d’emplois français en encourageant le travail à temps partiel aux deux extrémités de la vie active, pendant les études et au début de la retraite.

Source : lefigaro.fr