Complémentaire santé : les retraités bientôt mieux pris en charge ?

François Hollande avait promis, en 2012, de généraliser les mutuelles à tous les Français. Les retraités restent encore parmi ceux qui disposent le moins d’une mutuelle.

En octobre 2012, François Hollande, fraîchement élu, avait fait une promesse au congrès de la Mutualité française à Nice: la généralisation de la complémentaire santé à tous les Français. «Malgré la CMU et la CMU-complémentaire, 4 millions de personnes sont aujourd’hui exclues des complémentaires santé», avait-il décompté. Près de trois ans après, alors que le président se rend vendredi à nouveau au congrès de la Mutualité, où en est-on? À mi-chemin.

Le gouvernement a bien relevé les plafonds de revenus pour bénéficier de la CMU-C et de l’aide à la complémentaire santé. Mais ces aides, compliquées à obtenir, restent peu sollicitées par les Français qui y ont droit, a récemment rappelé la Cour des comptes. Reprenant à leur compte l’objectif présidentiel, syndicats et patronat ont en outre décidé, dans l’accord interprofessionnel du 20 janvier 2013, de généraliser les contrats de complémentaire santé collectifs pour les salariés. En un mot, les entreprises seront obligées, au 1er janvier 2016, de cofinancer la couverture santé de leurs employés. D’après un premier bilan de la CFDT dont Le Figaro a eu connaissance, début juin, 1,1 million de salariés, qui n’avaient pas de complémentaire du tout ou seulement un contrat individuel, plus coûteux, profitent déjà, grâce à l’accord du 20 janvier, d’un contrat collectif.

5,4 % des retraités n’ont aucune complémentaire santé

«Ce n’est qu’une généralisation de la participation des employeurs au financement des complémentaires de leurs salariés», relativise toutefois Étienne Caniard, président de la Mutualité française. «C’est un progrès qui reste à compléter», reconnaît-on d’ailleurs à l’Élysée, qui cite les retraités parmi les publics encore mal équipés en complémentaire et réfléchit à une solution.

Leur situation n’est en effet guère reluisante: 5,4 % d’entre eux n’ont aucune complémentaire santé. C’est moins que chez les 15-39 ans (6,4 %), alors que les seniors doivent faire face à des dépenses de santé bien supérieures. D’autre part, même si les complémentaires n’ont pas le droit d’augmenter inconsidérément la facture, la note s’avère tout de même très salée pour tout nouveau retraité, qui doit régler lui-même la part financée jusqu’alors par l’employeur. RTL croit savoir ce jeudi que l’État réfléchit à la création d’un dispositif qui permettrait d’étendre la complémentaire santé de l’employeur aux premières années de retraite.

Les actifs paieraient

Le problème de toute mesure en faveur de la généralisation de la complémentaire réside dans son financement. «C’est un noble objectif, mais qui paierait? Les actifs encore une fois?», s’interroge-t-on côté assureurs. La Mutualité ne demande pas autre chose. Elle appelle à une remise à plat des 3,5 milliards d’euros d’aides fiscales en faveur des retraités et des chômeurs, à ce jour aspirées en grande partie par les contrats collectifs. Pas étonnant de la part des mutuelles: plus que leurs concurrents instituts de prévoyance et assureurs, elles comptent beaucoup de retraités parmi leurs assurés. Concrètement, une mesure en ce sens pourrait se traduire par un crédit d’impôt sur les contrats de jeunes retraités.

Source : Le Figaro.fr