Comment deux aides à la santé réduisent les inégalités

La CMU-C et l’ACS augmentent de 9% le niveau de vie des Français les plus pauvres, selon une étude du ministère de la santé.

Parce qu’elles sont bien ciblées sur les ménages modestes, deux aides à la santé – la CMU-C et l’ACS – réduisent nettement les inégalités, selon une étude du ministère de la Santé parue mercredi. La CMU-C (couverture maladie universelle complémentaire), qui offre une complémentaire santé gratuite, est la plus importante. Elle comptait pas moins de 4,6 millions de bénéficiaires en 2014. Cette aide, qui est attribuée sous conditions de ressources, va notamment aux familles mono-parentales avec enfants (18% des bénéficiaires, alors que ces familles ne représentent que 6% de la population).

Surtout, 68% des bénéficiaires appartiennent au premier décile de niveau de vie, c’est-à-dire aux 10% des français les moins riches, et 14% au deuxième décile. La CMU-C permet d’augmenter le taux de recours au soin de 6 points ; elle joue un rôle essentiel dans l’accès aux soins dentaires et d’optique des plus modestes, souligne l’étude. En moyenne, elle correspond à un gain de 440 euros par an pour chaque bénéficiaire. Selon les auteurs de l’étude, ce coup de pouce est d’autant plus indispensable que les bénéficiaires de la CMU-C, parce qu’ils sont en plus grande précarité, sont généralement en moins bonne santé que les autres personnes. Leurs dépenses de santé sont du coup 27% plus élevées.

Les dépenses de santé des bénéficiaires de la CMU-C sont 27% plus élevées que celles des autres Français

L’ACS (Aide pour une complémentaire santé) est un chèque qui est versé aux ménages modestes pour les aider à souscrire à une complémentaire santé. Si elle est aussi accordée sous condition de ressource, elle cible les foyers gagnant trop pour être éligible à la CMU-C. L’ACS était utilisé en 2014 par 900.000 personnes, pour un montant moyen de 290 euros par an. Un chiffre assez faible: cette aide étant peu connue, à peine 30% des personnes y ayant droit la demande. Comme pour la CMU-C, les principaux bénéficiaires de l’ACS sont les familles mono-parentales et les couples avec enfants.

Au final, ces deux prestations coûtent un peu plus de 2 milliards d’euros par an.

Mais elles permettent d’augmenter de 9% le niveau de vie des 10% des Français les moins aisés qui en bénéficient. Plus généralement, elles permettent de réduire de 5% les inégalités de niveau de vie entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres. Les allocations familiales réduisent, elles, cet écart de 7%, mais pour un coût 5,5 fois supérieur….De fait, les allocations familiales sont pas ou peu liées aux ressources des ménages. Leur philosophie n’est pas de réduire les inégalités de revenus, mais celles existant entre les familles selon le nombre d’enfants.

Source : lefigaro.fr