Climat : l’Association française de l’assurance signe la déclaration de Sendaï (ONU)

A cinquante jours de la COP21, l’Association française de l’assurance (Afa), qui réunit la FFSA et le Gema, a annoncé la signature de la déclaration de Sendaï rédigée en mars dernier lors de la troisième conférence des Nations Unies sur la prévention des catastrophes et des risques naturels. Elle vise notamment à encourager le travail de collaboration entre assureurs et collectivités en matière de gestion des catastrophes naturelles.

Un nouveau pas de l’industrie de l’assurance avant la grande messe de la COP21 à Paris. L’Afa (FFSA-Gema) vient de parapher la déclaration de Sendaï, du nom de la ville nippone (affectée en 2011 par le séisme et le tsunami) où s’est déroulée du 14 au 18 mars dernier, la troisième conférence des Nations Unies sur la prévention des catastrophes et des risques naturels. Ce rassemblement, qui a réuni 6 500 participants, dont 25 chefs d’État et 300 représentants du secteur privé, est intervenu quelques jours après la publication d’un rapport onusien sur la réduction des risques (GAR15) qui évaluait l’impact économique des catastrophes naturelles à un niveau compris entre 200 et 250 Md$ (entre 238 et 190 Md€) par an.

UNE DÉCLARATION EN SEPT OBJECTIFS
A l’issue de la conférence de Sendaï, une déclaration en sept objectifs (lire ci-dessous) a été élaborée en lien avec les principes de l’UNEP FI, programme des Nations Unies qui vise à promouvoir une meilleure application des principes de développement durable à tous les niveaux opérationnels dans les institutions financières.
« La signature de l’Afa […] envoie un signe fort de l’engagement des assureurs et réassureurs français, aux côtés de leurs pairs de l’industrie mondiale de l’assurance, à développer des solutions favorables à la transition vers une économie à faibles émissions de carbone, résiliente au changement climatique », souligne Achim Steiner, directeur général du Programme des Nations Unies pour l’environnement (UNEP) et secrétaire général adjoint des Nations Unies.
DOUBLER LES INVESTISSEMENTS « VERTS »
En mars dernier, au cours d’une table ronde consacrée à l’implication du système financier, le secteur de l’assurance – par la voix de l’Icmif, la Fédération internationale des coopératives et mutuelles d’assurances, et l’International insurance society (IIS) – avait déjà pris position dans la transition énergétique en tant qu’investisseur. Le secteur s’était fixé l’objectif de doubler le montant de ses «investissements respectueux de la planète», soit 84 Md$ (79 Md€), et d’atteindre un seuil de 420 Md$ (395 Md€) en 2020. Pour le remplir, l’assurance mondiale planche sur l’élaboration d’un référentiel commun pour définir ces investissements «verts».
«Cette initiative de long terme a pour but d’introduire un changement majeur dans les comportements et les pratiques des investisseurs institutionnels dont le marché pèse 30 Md$ [28 Md€] dans l’assurance», font valoir les deux fédérations internationales. Et d’ajouter : «La fourniture d’un cadre commun permettra de valoriser des projets basés sur la micro-assurance.»
Les sept engagements capitaux de la déclaration de Sendaï :

Les signataires de la déclaration s’engagent à :

1. Adopter et mettre en œuvre des stratégies et plans de réduction des risques de catastrophe au niveau local, en plusieurs étapes et incluant des indicateurs, avec pour objectif de limiter l’apparition de nouveaux risques, la réduction des risques existants et le renforcement de la résilience économique, sociale et environnementale.

2. Etablir et renforcer les forums de coordination gouvernementale composée de toutes les parties prenantes au niveau local, comme les plateformes locales de réduction des risques de catastrophe.

3. Promouvoir les évaluations des risques de catastrophe dans le cadre du développement et de la mise en œuvre de politiques d’aménagement, incluant la planification urbaine, la dégradation des terres, les logements informels et temporaires, l’utilisation d’outils permettant d’assurer le suivi des changements démographiques et environnementaux.

4. Evaluer périodiquement les risques de catastrophe, incluant les nouvelles sources existantes et émergentes sur les risques, la vulnérabilité, la capacité, les caractéristiques de danger, l’exposition et leurs possibles conséquences aux niveaux social et spatial.

5. Assurer la révision ou le développement de nouveaux codes ou standards pour la réhabilitation et les pratiques de reconstruction aux niveaux local ou national, de manière appropriée, dans l’objectif de les rendre applicables dans un contexte local, particulièrement dans les établissements humains informels et marginaux, et renforcer la capacité de mise en œuvre et d’évaluation de ces codes à travers un approche appropriée afin de renforcer des structures résilientes aux catastrophes.

6. Assurer la résilience des nouvelles infrastructures ou celles déjà existantes, incluant l’intégration des considérations et mesures sur la réduction des risques de catastrophe en termes d’instruments financiers et fiscaux.

7. Conduire la mise en œuvre des nouveaux « Dix Essentiels- pour des Villes Résilientes » et rechercher des opportunités de synergie avec des initiatives, mécanismes ou processus existants, comme l’initiative sur l’Accélération des Villes Résilientes, la Charte de Durban sur l’Adaptation…

Source : l’Argus de l’assurance