Clamart lance le logement social à points

Partout en Ile-de-France, décrocher un appartement relève souvent du chemin de croix. Avec, souvent, des soupçons de favoritisme, lorsque le demandeur se voit notifier un refus. Pour tenter d’y remédier, l’office HLM de Clamart a décidé de mettre en place, ce mois de janvier, un système d’attribution à points. Comme à Rennes (Ille-et-Vilaine), Palaiseau (Essonne), et dans plusieurs arrondissements de Paris.

« Très souvent, les demandeurs ne comprennent pas pourquoi ils n’ont pas obtenu leur logement, car ils considèrent leur situation très urgente », justifie le maire (LR) et président de Clamart Habitat, Jean-Didier Berger. L’élu avait fait de cette mesure une promesse de campagne en 2014. « Compte tenu de ce qui s’est passé dans notre ville, ce système apportera une garantie de transparence pour le public », assure-t-il. Allusion à la condamnation de l’ex-maire (PS) et sénateur, Philippe Kaltenbach : en 2015, poursuivi pour avoir reçu de l’argent en échange de l’attribution d’un logement HLM, il a écopé de deux ans de prison, dont un ferme. Décision qu’il contestera en appel à Versailles, en mai prochain.

Désormais, chaque demandeur se verra attribuer un nombre de points selon une trentaine de critères. Et si sa demande est refusée, il saura quel est le score de la personne qui a décroché le logement à sa place.

Le nombre de points de chaque demandeur sera calculé sur une trentaine de critères, comme le motif de la démarche, son ancienneté, mais aussi la qualité de l’entretien de son logement social actuel (s’il en a un), ou encore… la bonne entente avec ses voisins ! Si une procédure est, par exemple, engagée contre le locataire pour des « troubles graves », dix points de pénalité lui seront affectés. S’il a, en revanche, été victime de violences familiales, son dossier bénéficie de sept points.

Mais attention, le score pourra toujours évoluer une fois le dossier sélectionné -avec deux autres- devant la commission d’attribution. Celle-ci sera à même de pouvoir revoir les notes, « au cas par cas, de façon justifiée ». « L’objectif n’est pas de déshumaniser le système, car une démarche sociale reste avant tout humaine », promet Jean-Didier Berger, qui compte 3 000 habitants de Clamart inscrits sur les listes d’attente HLM.

« Chiffrer le véritable degré d’urgence de la demande »

Au conseil d’administration de Clamart Habitat, la grille à points a convaincu les représentants des locataires. « C’est une mesure qui permet de chiffrer le véritable degré d’urgence de la demande, apprécie Marcelle Moussa, présidente de l’antenne de l’Unli (Union nationale des locataires indépendants). Parfois, quelqu’un peut avoir une demande de logement très ancienne, mais il n’a pas forcément un besoin urgent. » De son côté, le groupe d’opposition Clamart Citoyenne appellait à la mise en place de ce système « transparent » depuis trois ans. « À condition, bien sûr, que sa mise en œuvre soit, elle aussi, transparente », prévient Pierre Carrive, qui regrette néanmoins que l’opposition n’ait pas été associée.

Source : leparisien.fr