Cinq infos pour comprendre que le Sida est toujours une maladie grave

À l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre le VIH/Sida, la prévention est au cœur du combat. Car si le sida est devenu une maladie chronique, il reste cependant une pathologie grave et invalidante.

● On peut mourir du sida, même en France

300 personnes meurent chaque année en France depuis 2007 des complications de la maladie du syndrome d’immunodéficience acquise (sida), selon les chiffres de l’association Aides. Le nombre de découvertes de séropositivité VIH est estimé à près de 6000 en 2015.

Le VIH est un rétrovirus qui pénètre dans le corps par voie sexuelle ou sanguine principalement, et qui colonise les lymphocytes T CD4, des cellules immunitaires de l’organisme. Il utilise ces cellules pour se multiplier en entraînant leur destruction. Cela aboutit à une détérioration du fonctionnement du système immunitaire. Le sida est le stade le plus avancé de l’infection à VIH. Il est caractérisé par l’apparition de certains cancers et d’infections opportunistes (tuberculoses, toxoplasmose cérébrale etc.) du fait de l’affaiblissement du système immunitaire.

Dans le monde, 1,7 million de personnes seraient décédées en 2011 des complications du sida selon Aides.

● On ne guérit pas le sida

Aucun médicament ne permet pour le moment d’éliminer le VIH chez un malade. En revanche, le contrôle de l’infection est aujourd’hui très performant chez les personnes bien suivies médicalement.
Pour contrôler ce virus, le traitement de référence est une trithérapie, combinaison de trois médicaments antirétroviraux (ARV), qui empêche la réplication du virus dans l’organisme et amène le système immunitaire à se renforcer. La mise au point de ces trithérapies a permis de faire diminuer de plus de 75% le développement des infections opportunistes et du passage au stade sida de l’infection.

● Les trithérapies provoquent de nombreux effets indésirables

Introduite en France en 1996, la trithérapie est le traitement de référence dans le cas de l’infection à VIH. Mais elles ne sont pas sans conséquences.
Certains effets indésirables peuvent être ressentis directement par les patients traités par trithérapie: nausée, vomissement, diarrhées, hépatite médicamenteuse, douleurs neurologiques et musculaires, risque cardiovasculaire etc.

Les complications à long terme de ces médicaments sont un vieillissement prématuré de l’organisme, avec des anomalies de la répartition des graisses (obésité et risque de diabète), des atteintes rénales (mauvais fonctionnement des reins, calculs), du foie (surcharge graisseuse), des os (ostéoporose) et du cœur (crises cardiaques).

● On peut se faire diagnostiquer trop tardivement

Le dépistage précoce permet de mieux contrôler la maladie chez les personnes infectées. Chez une personne non infectée, le taux de lymphocyte se situe entre 600 et 1200/ mm3. Chez les patients dont le dépistage est très tardif, le taux de CD4 peut être inférieur à 200/mm3 au moment du diagnostic. Or à ce stade, le risque de développer un cancer ou une infection opportuniste est très élevé. La prise en charge de la maladie à ce stade est plus compliquée, avec un taux accru de mortalité pendant au moins quatre ans après la prise en charge.

Au contraire, une personne dépistée à un stade précoce a une espérance de vie plus longue. Une personne qui a démarré tôt le traitement et dont le taux de CD4 est restauré, a une espérance de vie équivalente à celle de la population générale.
Un diagnostic tardif ne met pas seulement en danger la personne elle-même: selon Florence Thune, directrice des programmes France du Sidaction, «il y a en France environ 150.000 personnes qui vivent avec le VIH dont 25 à 30.000 qui ne le savent pas. Or ces personnes qui ne sont pas au fait de leur séropositivité seraient à l’origine d’environ 60% des nouvelles infections.»

En 2015, 27% des séropositivités VIH étaient découvertes à un stade avancé, et 39% l’étaient à un stade précoce, selon l’Institut de veille sanitaire.

● La discrimination existe encore

Les discriminations à l’égard des personnes atteintes du VIH restent une réalité en France, d’après un rapport de l’association Aides. Ces discriminations sont d’autant plus importantes que la sphère d’interaction est intime: ainsi, les relations sexuelles et personnelles sont les plus atteintes. Or la prise suivie et régulière d’antirétroviraux réduit très efficacement la transmission du virus, même lors de rapports sexuels non protégés.

Au-delà de la sphère personnelle, les personnes atteintes de séropositivité se sentent discriminés au sein de leur communauté mais également dans le milieu médical. Une situation que confirme Florence Thune: «Chez le médecin, les personnes atteintes de séropositivité sont toujours obligées de revenir à l’origine de leur infection. Il y a un jugement de la part du personnel de santé. Au mieux le médecin tombe de sa chaise, au pire il refuse de prodiguer des soins.»

Source : sante.lefigaro.fr