Chômage : pourquoi la prime à l’embauche fonctionne

Le dispositif de prime à l’embauche mis en place par le gouvernement pourrait être une bonne surprise.

Le ministère du Travail vient d’afficher les premiers chiffres de la prime à l’embauche. Elle rencontre apparemment les attentes des entreprises. C’est un succès rapide parce que cette prime à l’embauche de 2.000 € par an en faveur des entreprises de moins de 250 salariés qui recrutent un CDI ou un CDD de plus de 6 mois est simple à comprendre. Lisible pour les salariés comme les chefs d’entreprises.

Elle représente l’équivalent des charges patronales annuelles sur un salarié rémunéré entre 1 et 1,3 fois le SMIC.  Un apport bonifié par l’absence de casse-tête et de justificatif bureaucratique. C’est même parfois une aubaine pour les entreprises dont le carnet de commande est positif. En tout cas le succès est là : 28 000 dossiers éligibles en un mois. Et selon le ministère du Travail, il y aurait de 1.000 à 2.000 dossiers présentés chaque jour.

Ce dispositif devrait bénéficier à 2 millions de personnes

Le gouvernement a probablement trouvé la bonne formule. Pour une fois, les politiques ont pris le pas sur leur administration. Le RSA Activité était une véritable usine à gaz. Il en est mort étouffé. La nouvelle prime dite d’activité qui lui a succédé et qui regroupe l’ancienne Prime pour l’emploi et le volet activité du RSA  offre elle un bénéfice facile à comprendre : c’est un complément de revenu versé à tous ceux qui gagnent moins de 1.500 € net. Un célibataire sans enfant qui gagne 1.300 € net touche ainsi une prime de 97 €.

Grace à cette lisibilité ce dispositif devrait très vite monter en puissance et bénéficier à 2 millions de personnes. De même, la nouvelle prime d’embauche de 2.000 € par sa simplicité va rapidement tuer celle destinée au recrutement d’un premier salarié créé en 2015 et qui n’est franchement pas un succès. En 6 mois ce dispositif n’a pas suscité plus de 8.000 demandes.

La note prévisionnelle est d’au moins 1 milliard d’euros

L’État en a les moyens ? Au rythme actuel l’État devrait financer au moins 50.000 primes à l’embauche d’ici décembre. De quoi faire bouger la fameuse courbe du chômage et aussi celle de nos finances publiques : la note prévisionnelle est d’au moins 1 milliard d’euros.

Avec toutefois une bonne surprise possible : en 2008 le dispositif Sarkozy de « zéro charge » pour ces emplois au SMIC, l’équivalent de la prime Hollande avait permis de créer 30.000 emplois nets pour un coût quasi nul pour l’État grâce à la réduction des allocations chômage, du RSA et des aides spécifiques. Il faut espérer une issue identique.

Source : rtl.fr