Chômage : les nouvelles règles d’indemnisation

L’accord pour remettre à flot les comptes de l’Unédic entrera en vigueur le 1er septembre. Les seniors sont les grands perdants.

Les dés sont jetés pour les futurs demandeurs d’emploi. Après quasiment un an d’âpres discussions et de rebondissements, le patronat a convaincu la quasi-totalité des syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC et FO) de la nécessité d’administrer un traitement de choc, dont les seniors vont particulièrement faire les frais, pour renflouer les caisses de l’assurance chômage L’accord trouvé mardi 28 mars doit, selon les chiffres, permettre de réaliser 891 M€ d’économies. Selon nos informations, seule la CGT ne devrait pas parapher le texte qui modifie profondément les règles d’indemnisation.

«Les syndicats ont décidé de brader la situation des chômeurs et ils se gardent bien de dire la vérité sur l’impact négatif de ces mesures», dénonce le représentant de la centrale, Denis Gravaouil. Le 1er septembre, les nouvelles règles d’indemnisation entreront en vigueur pour une durée de 3 ans. A compter de cette date, les chômeurs s’inscrivant à Pôle emploi seront concernés. Pour les autres, rien ne change. Revue de détail.

Les seniors. Ils payent le plus lourd tribut. Actuellement, la filière «senior» prévoit que, entre 50 et 59 ans, les allocations sont versées pendant 3 ans. A partir du 1er septembre, les nouveaux chômeurs âgés de 50 à 52 ans (à la date de fin de leur contrat de travail) n’auront plus droit qu’à 2 ans d’indemnisation, comme les autres demandeurs d’emploi. Les personnes entre 53 et 54 ans (à la date de fin de leur contrat de travail) seront indemnisées jusqu’à 30 mois. Si elles entament une formation pendant la durée de leur indemnisation, elles gagneront 6 mois d’indemnisation supplémentaires. Seuls les plus de 55 ans conserveront le droit à 3 ans d’indemnisation. Economie attendue : 450 M€

Les précaires. Un nouveau mode de calcul d’allocation sera appliqué, plus favorable aux contrats longs. Le montant de l’allocation chômage versée à chaque demandeur d’emploi s’établit avec une formule de calcul consistant à diviser le salaire de référence par le nombre de jours travaillés sur une période donnée en prenant en compte tous les jours du contrat, y compris les week-ends et jours de repos. Demain, la formule ne retiendra que les jours effectivement travaillés, ce qui pénalisera les personnes qui cumulent des contrats de courte durée. Selon l’Unédic, 14 % des allocataires vont y perdre entre 50 et 100 €, et certains jusqu’à 200 €, sur le montant de leur indemnisation.

Les cadres. Lors d’un licenciement, la règle prévoit des indemnités destinées à compenser les pertes de salaire. Si ces indemnités sont supérieures au minimum légal, ce qui est fréquent pour les cadres, le versement de l’allocation chômage est différé, un délai d’attente qui peut aller jusqu’à 180 jours, soit près de 6 mois. Ce plafond est ramené de 180 à 150 jours.

Les jeunes. Pour bénéficier de l’assurance chômage, il faut avoir travaillé au moins 610 heures ou 122 jours calendaires sur les 28 derniers mois. Demain, ce critère sera ramené à 88 jours, ce qui avantage notamment les jeunes. Avec ces nouvelles règles, 34 000 personnes supplémentaires pourront rentrer dans le giron de l’assurance chômage.

Source : leparisien.fr