Chômage : l’écart entre la France et la zone euro persiste

Le taux de chômage dans la zone euro est resté stable en décembre, à 8,7%, soit le même niveau qu’en novembre, a annoncé mercredi l’Office européen des statistiques Eurostat. Si le taux de chômage de la France recule légèrement, l’écart avec l’union monétaire se maintient à un niveau relativement stable depuis 2016.

Le chômage reste un point noir de l’économie française. Selon la dernière publication de l’office européen de la statistique, le taux de chômage en zone euro s’est élevé à 8,7% de la population active contre 9,2% pour la France en décembre dernier. Si les derniers chiffres de l’Insee confirment une consolidation de la reprise et un climat des affaires au plus haut, la comparaison des taux de chômage entre la France et la zone euro rappelle que la situation du marché du travail tricolore reste toujours défavorable.

Un écart persistant

Les données de la Commission européenne permettent d’observer que si la France a affiché un taux de chômage inférieur à la zone euro entre janvier 2008 et mars 2016, ce constat n’est plus valable depuis. Et la différence semble se stabiliser depuis plusieurs mois au regard des deux courbes.

Pour Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l’OFCE interrogé par La Tribune, cet écart peut s’expliquer par plusieurs facteurs. Si la France a mieux résisté entre 2008 et 2013 aux différents chocs liés à la récession de 2008 et à la crise des dettes souveraines à partir de 2011, « l’activité de la France va être moins performante que celle de la zone euro à partir de 2014 […] au moment où la politique de l’offre se met en place ». Il évoque ainsi les premiers effets de la mise en place du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et du pacte de responsabilité sous François Hollande qui ont pu peser dans un premier temps sur l’activité, même s’il précise que ces effets interviennent favorablement après plusieurs années sur la croissance.

Pour l’économiste, la démographie est également un facteur à prendre en compte pour expliquer cet écart. Ainsi, « la dynamique démographique est restée supérieure à celles d’autres pays de la zone euro. Le recul du départ de l’âge à la retraite a pu jouer également […] Cela signifie qu’il y a eu plus d’entrées que de sorties sur le marché du travail. Et même si l’on crée des emplois, cela ne suffit pas pour absorber les nouveaux entrants ».

Des disparités marquées

En Europe, les chiffres du chômage illustrent mieux qu’aucune autre statistique une Europe à deux vitesses, particulièrement entre le nord et le sud. Les taux de chômage les plus élevés ont été enregistrés en Grèce (20,7%) en Espagne (16,4%) ou à Chypre (11,3). Ces trois Etats situés dans l’Europe du Sud subissent encore les effets de la crise de 2007/2008 et les conséquences des différentes cures d’austérité, même si de sérieux signes d’éclaircie apparaissent notamment pour l’Espagne. À l’inverse, les taux les plus faibles ont été recensés en République tchèque (2,3%), à Malte ainsi qu’en Allemagne (3,6% chacun).

Pour l’Allemagne, les derniers chiffres de l’institut de statistiques Destatis sont très favorables pour le mois de décembre 2017. Selon l’organisme public, le nombre de chômeurs en données corrigées des variations saisonnières (CVS) avait diminué de 25.000 à 2,415 millions, alors que les économistes interrogés par Reuters projetaient une baisse de 17.000. Le taux de chômage a ainsi été ramené à {…}

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Source : latribune.fr