C’est mon boulot. Chômage : les méthodes très dures de la Grande-Bretagne

Toute la semaine, Philippe Duport fait un focus sur les stratégies de cinq pays face au chômage. Gros plan aujourd’hui sur la Grande-Bretagne, avec un taux de chômage très faible, mais des méthodes très dures.

Quelle(s) réponse(s) face au chômage ? Toute la semaine, Philippe Duport fait un tour de la situation dans cinq pays. Gros plan mardi 7 février sur la Grande-Bretagne, avec un taux de chômage très faible, mais des méthodes très dures.

Palme d’or du Festival de Cannes, le film de Ken Loach, Moi, Daniel Blake raconte le traitement parfois sans pitié réservé aux chômeurs britanniques. On y voit un charpentier privé d’emploi obligé de se mettre à l’informatique. Mais ça va encore plus loin, en réalité. Les chômeurs doivent passer 35 heures par semaine sur le site officiel du Job Center. Tous leurs clics sont comptabilisés. Il faut chercher sur ce site et dans son domaine de compétence uniquement. C’est la première des 31 obligations que le chercheur d’emploi –c’est comme cela que l’on appelle les chômeurs en Grande-Bretagne– doit respecter. Sous peine de se voir couper les allocations.

Des allocations plutôt maigres

Le système anglais est celui dont l’indemnisation est la plus faible et la moins longue. Six mois seulement. Pour les plus de 25 ans c’est 84 euros par semaine, soit moins de 350 euros par mois. Et pour les moins de 25 ans, c’est seulement 66 euros par semaine, soit un peu plus de 250 euros par mois. Ce sont des taux fixes. Ils ne dépendent pas de votre ancien salaire, que vous ayez été avocat ou serveur.

Les motifs de suspension sont nombreux. Par exemple si on a un retard à un rendez-vous. Où si on a été licencié pour « misconduct », pour faute, ce qui peut réduire la durée d’indemnisation. Dans tous les cas, il faut signer un accord, justifier de toutes les recherches, des lettres envoyées, des personnes rencontrées. À noter qu’on peut aussi avoir à payer pour suivre une formation.

Un système encore plus dur pour les chômeurs de longue durée

Au bout de trois ans de chômage, on peut être forcé de faire des travaux d’intérêt général, comme nettoyer des bâtiments publics ou travailler pour des associations humanitaires. On peut aussi être contraint de se rendre tous les jours au Job Center, l’équivalent du Pôle Emploi. Des visites dont les chômeurs touchés disent qu’elles les empêchent de chercher effectivement du travail. Pour les gens les plus éloignés du marché du travail, le Pôle Emploi local fait appel à des prestataires privés. C’est au chercheur d’emploi de choisir le sien. Le taux de chômage anglais est au plus bas depuis 11 ans, à 4,8%.

Source : francetvinfo.fr