C’est mon boulot. Chômage : la Suède, l’un des pays les plus innovants d’Europe

Toute la semaine, Philippe Duport fait un focus sur les stratégies de cinq pays face au chômage. On commence lundi par la Suède, un pays novateur en la matière.

Quelle(s) réponse(s) face au chômage ? Toute la semaine, Philippe Duport fait un tour de la situation dans cinq pays. On commence lundi 6 février avec la Suède, un pays novateur en la matière. Ici, le chômage s’établissait à 6,9% de la population active en 2016 selon Eurostat, mais surtout il a baissé régulièrement depuis 2013 (8%).

Quelle est la recette suédoise ? D’abord la vitesse. Les chômeurs peuvent être pris en charge dès l’annonce même de leur licenciement, avant qu’il soit effectif. Il s’agit de gagner du temps, de ne pas laisser passer une opportunité. Il ne peut pas se passer plus de trois semaines entre le licenciement et le premier entretien avec un conseiller. Et il faut que ça aille vite. Il n’existe pas de préavis de licenciement en Suède et les procédures de licenciement sont moins coûteuses, plus sûres et plus rapides : formation, accompagnement personnalisé, aide à la création d’entreprise… Le système est efficace : 80% des chômeurs retrouvent du travail au bout de six mois de chômage.

Deux régimes de chômage en Suède

Le régime de base, 35 euros par jour, et le régime auquel on cotise volontairement sont les deux régimes de chômage en Suède. Une assurance chômage que l’on est libre de prendre ou de ne pas prendre. Si on y souscrit, on peut toucher 80% de son ancien salaire pendant 200 jours, puis 70%. C’est payant, bien sûr. Mais ça ne coûte pas le même prix selon le métier que l’on fait et du risque de chômage qui pèse sur sa profession. Un chercheur, par exemple, cotisera moins qu’un travailleur du BTP qui aura plus de risques de se retrouver au chômage.

Les chômeurs de longue durée, pour leur part, sont suivis de très près. Si on n’a pas retrouvé un travail au bout d’un an, on a droit à un accompagnement particulier, en groupe de 20 personnes. On peut profiter de plus de formation et d’emplois aidés. Et au bout de 450 jours de chômage, on est affecté d’office à un travail d’intérêt général. Résultat : il y a proportionnellement bien moins de chômeurs de longue durée en Suède qu’en France.

Le chômage des jeunes reste un point noir

Si tout est fait pour que les salariés licenciés retrouvent vite du travail, ceux qui n’ont jamais travaillé n’ont pas les mêmes avantages. Du coup le taux de chômage des moins de 25 ans atteint 18,9% de la population active en 2016 (contre 25,2% en France) et nombre de jeunes s’expatrient dans la Norvège voisine.

Toute la semaine, gros plan sur les stratégies de cinq pays face au chômage. Après l’exemple suédois, direction Grande-Bretagne, l’Allemagne, les États-Unis et enfin le Danemark.

Source : francetvinfo.fr