C’est à 48 ans qu’on paie le plus pour la protection sociale française

LE SCAN ÉCO/INFOGRAPHIES – Le poids des dépenses de protection sociale a fortement augmenté depuis les années 1970. Comment cette croissance des dépenses a-t-elle été financée ? Qui a le plus été mis à contribution ? Réponses.

Selon les comptes de la protection sociale, le poids des dépenses de protection sociale est passé de 23% du PIB en 1979 à près de 31% du PIB en 2011. La première question qui se pose est: comment cette croissance a-t-elle été financée? Puis vient ensuite: qui a le plus été mis à contribution? Dans le cadre d’une étude que France Stratégie intitulée «Les jeunes sont-ils sacrifiés par la protection sociale?» et dont Le Figaro vous a exposé la réponse en avant-première ce mardi, une partie est consacrée au financement de la protection sociale. Et répond précisément à ces questions.

Avant toute chose, rappelons que les ressources de la protection sociale se sont diversifiées depuis le début des années 1980, l’élément majeur étant l’introduction de la contribution sociale généralisée (CSG) au début des années 1990 une sorte d’impôt sur le revenu qui s’applique aux pensions des retraités tandis que la part des cotisations diminuait à la faveur des dispositifs successifs d’allègements.

Si la CSG a permis de mettre davantage à contribution les plus âgés (6,2%), l’essentiel du financement de la protection sociale continue aujourd’hui de peser sur les individus d’âge actif (80,5%). La part des moins de 25 ans (13,2%) baisse, essentiellement en raison de leur entrée plus tardive sur le marché du travail.

Un pic de financement de la protection sociale par les actifs de près de 50 ans

Les comptes de transferts nationaux fournissent des profils par âge pour la plupart des prélèvements obligatoires, permettant de savoir ce que paie, en moyenne, un individu d’un âge donné, une année donnée, en termes de TVA, d’impôt sur le revenu, de cotisations sociales, etc. En associant ces profils de prélèvements aux grands types de ressources de la protection sociale (hors «autres recettes» et «solde»), France Stratégie a pu produire des profils par âge de financement de la protection sociale. C’est donc à 48, 49, 50 et 51 ans que les Français participent le plus au financement de la protection sociale. D’un manière plus large, le pic de contribution s’étale entre 46 et 55 ans.

À la fin des années 1970, ce pic de contribution se situait autour de 30 ans. «Cette évolution reflète la déformation au cours du temps du profil par âge des revenus du travail. Les trentenaires de la fin des années 1970 ont bénéficié, par rapport à leurs aînés, d’un accès plus ouvert aux diplômes et qualifications élevés, une hausse de la participation des femmes au marché du travail et d’entrer dans la vie active dans une conjoncture favorable. ».

Calcul d’un taux de prélèvement pour le financement de la protection sociale

Pour aller plus loin, France Stratégie a calculé, pour chaque tranche d’âge, un taux de prélèvements pour le financement de la protection sociale. L’organisation a ainsi rapporté ce que paient les individus d’une tranche d’âge pour financer la protection sociale à un ensemble composé de leurs revenus du travail «superbruts» (c’est- à-dire incluant les cotisations sociales salariales et patronales −, de leurs revenus du capital et des transferts publics qu’ils reçoivent en espèces).

Ce taux de prélèvements passe, pour les 25-59 ans, de 27% à 37% entre 1979 et 2011. Pour les plus de 60 ans, il passe d’environ 10% à près de 20% sur la période, soit un doublement, largement imputable à la mise en place de la CSG. En revanche, le taux de prélèvements sur les moins de 25 ans progresse beaucoup plus faiblement que pour les deux autres classes d’âge. Ainsi, alors qu’en 1979 le taux de prélèvements des moins de 25 ans était trois fois supérieur à celui des plus de 60 ans, il n’était qu’une fois et demie plus élevé en 2011.

La CSG, la première tranche d’impôt sur le revenu

La CSG (contribution sociale généralisée) est un impôt prélevé à la source qui sert à financer une partie des dépenses de Sécurité sociale (prestations familiales, dépendance, assurance maladie, vieillesse…). La CSG a été créée en 1991, sous le gouvernement Rocard. La CSG est un impôt sur le revenu, mais celui-ci n’est pas progressif: le taux est de 7,5% pour les actifs. Avec la CSG, il y a de fait en France une première tranche de l’impôt sur le revenu que tout le monde paie.

En 2014, la CSG a rapporté 93,8 milliards d’euros à l’État français, soit bien plus que l’impôt sur le revenu des Français.

Source : lefigaro.fr