Ce qu’il reste à faire pour redresser les retraites

Dans son projet de rapport annuel, le Conseil d’orientation des retraites met en évidence l’importance de la croissance des revenus d’activité pour équilibrer le régime des retraites.

L’horizon s’éclaircit. Dans son rapport annuel provisoire sur l’évolution et les perspectives des retraites en France, le Conseil d’orientation des retraites (COR) estime que le système de retraite demeurera en déficit à l’horizon 2020, mais que son besoin de financement se réduira à 0,2 % du PIB – autrement dit, autour de 4 milliards d’euros. En 2015, il s’élevait encore à 0,3 % du PIB, et dans le creux de la vague, en 2008, à plus de 0,7 points de PIB.

Au-delà de 2020, le COR émet plusieurs hypothèses, en fonction de la vitesse à laquelle croissent les revenus d’activité. C’est l’un des déterminants les plus puissants de l’équilibre financier après, bien sûr, la démographie. « Le système de retraite pourrait, en cas de croissance suffisante des revenus d’activité, revenir à l’équilibre financier et dégager des excédents à plus long terme », écrit le Conseil.

En effet, le retour dans le vert serait garanti dès le milieu des années 2020 avec une hausse de 1,8 % des revenus d’activité. Dans le scénario médian, à +1,5 %, la courbe ondoierait, puis les déficits prendraient fin durablement vers 2036-2037.

Souvent critiqué pour ses prévisions trop optimistes en termes de chômage, le COR répète que le taux de chômage a un effet limité sur ses prévisions. Certes, il diminue les rentrées de cotisations salariales à court terme, mais il existe des mécanismes de prise en charge qui constituent autant de transfert vers le système de retraites, et à long terme les pensions versées coûteront moins cher.

« La situation financière du système de retraite serait ainsi nettement meilleure avec un taux de chômage de 10 % mais des revenus d’activité croissant de 2 % par an (en excédent de 1,7 % du PIB en 2060) qu’avec un taux de chômage de 4,5 % mais une croissance des revenus d’activité de 1,5 % par an (excédent de 0,5 % du PIB en 2060) », illustre-t-il.

Donner des outils au législateur

Par ailleurs, le COR examine l’équilibre du système sur une période de 25 ans, de 2016 à 2040. Si la croissance des revenus d’activité est de 1,5 %, il persiste un léger besoin de financement de 0,1 % du PIB. Au-delà, le système serait en excédent.

Le COR se livre également à des expériences de laboratoire, afin de donner des outils au législateur quand il s’attaquera de nouveau au sujet des retraites. Si la croissance des revenus était limitée à 1 %, pour assurer l’équilibre sur 25 ans, plusieurs leviers sont actionnables. Il faudrait augmenter de 1,2 point de pourcentage de taux de cotisation dès 2017, ou bien abaisser de 3,8 % toutes les pensions de retraite. Bien entendu, tout cela est théorique, car les réformateurs agissent généralement sur plusieurs manettes simultanément.

Source : lesechos.fr