Cancer : un test sanguin pour prédire la durée de survie

Grâce à un test sanguin, des médecins japonais ont pu prédire la durée de survie de patients atteints de cancer en fin de vie avec une précision de 75 à 80 %.

Des chercheurs japonais ont mis au point un test sanguin permettant de prédire avec exactitude la durée de survie des patients atteints de cancer en fin de vie. Grâce à cette découverte présentée au congrès de l’European Society for médical oncology (ESMO)  qui se déroule à Singapour, les scientifiques espèrent améliorer l’accompagnement de ces malades et de leurs proches.

En France, en 2014, plus de 150 000 patients atteints de cancer en phase terminale ont été admis en soins palliatifs. Un moment difficile pour les malades et leurs proches qui doivent prendre des décisions concernant l’arrêt des traitements, ou le lieu où ils souhaitent finir leur vie. « Les patients atteints de cancer hospitalisés en soins palliatifs veulent des informations pronostiques honnêtes et exactes, relève le Dr Yu Uneno, oncologue à l’université de Tokyo (Japon) et responsable des travaux. Mais ces informations doivent être partagées avec tact et de manière à respecter leur volonté de ne pas perdre espoir ».

Mieux choisir les traitements

L’évaluation des chances de survie permet de déterminer si un traitement peut être donné à un malade, et si celui-ci apportera un bénéfice. Aussi, les chimiothérapies sont-elles rarement administrées à des malades qui n’ont que 7 semaines à vivre, en raison des effets secondaires graves qu’elles peuvent entraîner. En outre, les sédatifs puissants ne sont utilisés que chez les patients susceptibles de mourir dans moins d’un mois pour éviter qu’une tolérance à la molécule se développe. Il est donc crucial pour les médecins d’avoir des outils fiables et précis pour soulager les patients le plus efficacement possible.

Les chercheurs japonais se sont donc attelés à la conception d’un test pronostique basé sur des données objectives. En étudiant les dossiers médicaux de plus de 5 000 patients pris en charge à l’hôpital universitaire de Kyoto, les scientifiques ont développé 3 mesures réalisées en laboratoire à partir d’échantillon sanguin (taux d’albumine, de la lactate déshydrogènase et des cellules immunitaires appelées neutrophiles).

Ces modèles de prédiction peuvent être utilisés à tout moment après initiation de la chimiothérapie et permettent de donner un pronostic de survie entre 1 et 6 mois, et d’affiner ce pronostic au cours du la prise en charge.

Pour évaluer la précision de leur test, les médecins l’ont testé chez 1 015 malades du cancer bénéficiant de soins palliatifs, dont 166 recevaient ces soins à leur domicile. Leur test a permis de prédire la mort de ces patients dans les 1 à 3 mois suivants avec une précision de 75 à 80 %. « Une pronostic exact permettrait aux patients de se préparer à leur mort imminente et d’organiser les soins palliatifs », assure le Dr Uneno.

Source : pourquoidocteur.fr