Cancer : pourquoi les hommes sont plus à risque

Les hommes sont 20 % plus à risque de développer un cancer au cours de leur vie par rapport aux femmes. Le double chromosome X protège la gent féminine.

En 2015, le cancer a touché plus d’hommes que de femmes. 211 000 cas se sont déclarés dans la gent masculine contre 174 000 chez les représentantes du sexe féminin. Un déséquilibre net, mais pas surprenant. Ces messieurs sont 20 % plus à risque de tumeur que les dames. Ce désavantage pourrait s’expliquer par la génétique, avancent des chercheurs du centre contre le cancer Dana-Farber (Boston, Etats-Unis) dans Nature Genetics. En cause : le chromosome X, représenté deux fois chez les femmes.

Vessie, sphère ORL, rein… voilà quelques localisations de cancer qui atteignent davantage les hommes. Dans certains cas, ils sont 80 % plus à risque que leurs paires. Aux Etats-Unis, « cela se traduit par 150 000 cas supplémentaires chaque année », traduit Andrew Lane, co-auteur de ces travaux. Son équipe a donc tenté d’expliquer ces inégalités. Elle s’est appuyée sur des recherches précédentes, menées sur des patients atteints de leucémie. Une mutation du gène KDM6 a été mise en évidence. Elle est située sur le chromosome X.

Des gènes protecteurs

Ici, 4 000 échantillons de tumeurs ont été analysés. Parmi les mutations génétiques identifiées, 800 ne se situent que sur le chromosome X, dont les femmes possèdent un double exemplaire. 6 altérations surviennent plus fréquemment chez l’homme. C’est le cas pour KDM6, qui se retrouve aussi dans les cancers de la tête et du cou. Ces dames sont clairement avantagées : les gènes redondants ont tendance à être inactivés. Chez la femme, les gènes protecteurs permettent de lutter efficacement contre la tumeur.

Voilà qui explique le déséquilibre hommes-femmes. Mais d’autres facteurs entrent en ligne de compte, notamment le mode de vie. La gent masculine s’expose à davantage de facteurs de risque. Ils ont tendance à fumer davantage – même si le fossé est comblé. Les expositions professionnelles à des produits chimiques sont également plus élevées, chez les travailleurs du bâtiment par exemple.

Source : pourquoidocteur.fr