Cancer : le potentiel du vaccin vedette de MSD revu à la hausse

Prescrit en prévention du cancer du col de l’utérus, le Gardasil aurait aussi un intérêt contre le cancer de la tête et du cou.

De quoi plaider en faveur d’une vaccination des garçons.

De nouvelles perspectives pourraient s’ouvrir pour les vaccins contre le papillomavirus (HPV). Une étude américaine, présentée à quelques jours du congrès de l’American Society of Clinical Oncology, suggère que le Gardasil, de l’américain Merck ( MSD en France), protégerait contre certains cancers de la tête et du cou, une maladie popularisée par l’acteur Michael Douglas chez qui elle avait été diagnostiquée en 2010.

Pour l’instant, le Gardasil tout comme son concurrent de GSK, le Cervarix, ne sont recommandés que dans la prévention du cancer du col de l’utérus, quel que soit le pays. « Le virus HPV facilite sa survenue en provoquant des lésions précancéreuses », explique Jean Cimbidhi, directeur médical de MSD Vaccins en France. Dans l’Hexagone, la première population pour laquelle la vaccination est recommandée est celle des jeunes filles de 11 à 13 ans, et pour rattrapage celle des 14 à 19 ans. C’est un marché déjà conséquent pour le vaccin puisqu’il dépasse les 2,7 milliards de dollars en 2016 au plan mondial. MSD, qui a vu ses ventes de Gardasil bondir de 14 % en 2016, détient plus de 80 % du marché, le Cervarix de GSK s’adjugeant le reste. Le vaccin constitue la troisième source de revenus de MSD en terme de chiffre d’affaires (2,2 milliards de dollars).

Couverture vaccinale faible

L’étude américaine, qui portait sur 2.600 jeunes adultes de 18 à 33 ans a montré une diminution de 88 % des infections par HPV de ceux qui étaient vaccinés par rapport à ceux qui ne l’étaient pas. Si elle est confirmée, cela pourrait permettre d’élargir encore le marché. Elle apporte aussi de l’eau au moulin de ceux qui plaident pour une vaccination des jeunes hommes et non pas seulement des filles. Aux Etats-Unis, le nombre de nouveaux cas de cancers de la tête et du cou est chaque année seulement de 3.200 chez les femmes contre 13.200 chez les hommes. D’où une première évolution du calendrier vaccinal français qui, à compter de cette année, recommande la vaccination des jeunes hommes homosexuels de moins de 25 ans, alors qu’aux Etats-Unis la vaccination est recommandée chez tous les jeunes garçons.

En France on n’en est pas là. Outre un coût élevé (une dose de Gardasil coûte 121 euros et il en faut trois ), il faudrait déjà que la couverture vaccinale des jeunes filles soit assez élevée ce qui n’est pas le cas. « En France seule 14 % de la population coeur de cible – les filles de moins de 15 ans – est vaccinée, contre 80 % au Royaume-Uni », observe Boris Danilovic, directeur exécutif de MSD Vaccins en France. « Même sans viser un chiffre aussi élevé, on est très loin de l’objectif de 60 % fixé dans le cadre du dernier plan Cancer. » L’arrivée au ministère de la Santé d’Agnès Buzyn fera-t-elle bouger les choses ? On compte chaque année en France 3.000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus et 1.000 décès.

Source : Lesechos.fr

Auteure : Catherine DUCRUET