Cancer localisé de la prostate : surveiller plutôt que traiter ?

ÉTUDE – Les hommes atteints d’un cancer localisé de la prostate ont peu de risque d’en décéder dans les dix années qui suivent le diagnostic, qu’ils aient ou non subi une intervention chirurgicale ou une radiothérapie, selon une étude publiée ce 14 septembre, dans le New England Journal of Medicine.

S’il reste localisé, le cancer de la prostate maladie évolue le plus souvent très lentement. Selon l’American Cancer Society, la plupart des hommes atteints de cette forme du cancer n’en meurent pas, bien qu’elle puisse être fatale dans certains cas.

En 2012, un groupe consultatif d’experts indépendants faisant autorité, designé par le gouvernement fédéral des États-Unis, a recommandé de ne plus procéder à un dépistage de routine du cancer de la prostate avec le test PSA. Ce groupe avait conclu que de nombreuses tumeurs n’évoluent jamais suffisamment pour menacer la vie des patients et qu’un traitement chirurgical ou radiologique est souvent inutile mais produit des effets secondaires néfastes pour ces hommes.

Une nouvelle étude sur l’intérêt des différentes options thérapeutiques contre le cancer localisé de la prostate a été menée auprès de 1.643 patients âgés de 50 à 69 ans, aléatoirement orientés vers l’ablation chirurgicale de la tumeur, une radiothérapie, ou vers un programme de surveillance active. Cette dernière possibilité consiste en des visites régulières en clinique avec un examen de la prostate, des biopsies et un test PSA (Prostate Specific Antigen) pour mesurer le taux d’un antigène qui peut indiquer l’état d’avancement de la maladie.

Selon les données publiées, 17 des 1.643 participants sont décédés dans les dix ans après le diagnostic, dont huit dans le groupe de surveillance, cinq parmi ceux qui ont subi une opération et quatre dans le groupe de la radiothérapie. Ceux qui étaient dans le groupe de surveillance avaient plus de risque de voir leur tumeur faire des métastases. Mais cette propagation du cancer n’a pas fait de différence notable pour le risque de mortalité dû à cette tumeur ou à toute autre cause, ont déterminé les chercheurs.

« Cette étude semble montrer que pour les hommes avec un cancer localisé de la prostate, une surveillance active ne présente pas beaucoup plus de danger et évite les effets potentiels néfastes pouvant résulter de la chirurgie sur l’activité sexuelle et les intestins », a jugé John Burn, professeur de génétique à l’Université de Newcastle au Royaume-Uni, qui n’a pas participé à l’étude.

De 40 à 50% des hommes diagnostiqués aux Etats-Unis choisissent désormais une surveillance médicale active, selon une étude publiée cette année.

Source : francetv.fr