Cancer : comment favoriser le retour au travail

La reprise de son emploi après un cancer est une étape complexe pour le salarié, comme pour l’entreprise. Aux côtés de neuf autres organisations, la Mutualité Française est signataire d’une charte visant à faciliter cette transition. Le maintien du lien pendant la maladie et la sensibilisation des managers sont les clés d’une réintégration réussie.

Lorsqu’en décembre 2009, son médecin lui annonce qu’il est atteint d’un cancer, Michel Niogret entend que son arrêt de travail durera « un bon bout de temps ». « Au début, je pensais que ce ne serait que trois mois. Finalement, j’ai été absent de l’entreprise trente-trois mois ! », raconte ce gestionnaire de sinistres habitation à la Macif Rhône-Alpes, aujourd’hui sexagénaire.

Comme lui, 360.000 personnes apprennent chaque année qu’elles sont touchées par le cancer, dont plus d’un tiers sont en activité professionnelle, estime l’Institut national du cancer (Inca). Pour elles, les traitements sont synonymes d’arrêts de travail prolongés et d’absences répétées.
Une période difficile, tout comme le retour au travail après la maladie. C’est pour améliorer ces étapes charnières que l’Inca, l’association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH), l’agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) et son réseau des associations régionales (Aract) viennent d’élaborer une charte proposant aux entreprises onze engagements pour mieux accompagner les salariés touchés par le cancer. Tout comme l’Afnor, Carrefour, Groupe Casino, Sanofi ou encore, Bordeaux Métropole, la Mutualité Française fait partie des signataires de ce document.

Poste aménagé

« La difficulté, pour les personnes touchées par la maladie, c’est qu’elles ne connaissent pas d’emblée l’étendue des traitements, explique Nathalie Vallet-Renart, cofondatrice et directrice générale de l’association Entreprise et cancer, qui accompagne les entreprises dans la mise en place de parcours de maintien ou de retour à l’emploi. On ne sait pas si on va avoir de la chimiothérapie ou pas, on ignore la durée exacte des traitements, et on ne peut pas prévoir les effets secondaires, qui s’expriment différemment d’un malade à l’autre. Pour l’entreprise aussi, c’est très complexe. On sait qu’il n’y aura pas un, mais des arrêts de travail dont on ignore la durée. Dans ces conditions, faut-il remplacer la personne ? Attendre son retour ? Répartir sa charge de travail pour les collègues ? »

Face à ces situations, les capacités de l’entreprise à épauler le salarié malade et à favoriser sa reprise d’emploi diffèrent selon la taille des structures. « Même s’il y a une bonne volonté, la latitude des petites et moyennes entreprises est souvent réduite et les solutions restent exceptionnelles », souligne Michel Gauthier. Aujourd’hui à la retraite, il a été directeur des ressources humaines (DRH) à la Macif Rhône-Alpes, à l’époque de la maladie de Michel Niogret.

« Je travaillais sur les plateformes téléphoniques… les nouvelles usines, se souvient le salarié. Je ne me sentais pas capable de reprendre ce poste. J’en ai parlé à Michel Gauthier, qui a trouvé un nouveau service pour moi et a, en quelque sorte, imposé ma présence. Il a aménagé un poste en fonction de mes capacités : pas trop de téléphone, pas de pression ni d’objectifs chiffrés, et surtout un temps partiel thérapeutique, organisé en lien avec le médecin du travail. »

Agir sur le collectif de travail

Le retour au travail ne s’improvise pas au moment où le salarié annonce qu’il est prêt à reprendre son poste. Il se passe d’autant mieux qu’il a été anticipé et que le lien a été maintenu avec l’entreprise. Durant ses trois ans d’absence, {…}

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Source : mutualite.fr