Cancer du sein : l’imagerie médicale est-elle toujours bénéfique ?

Aux États-Unis, jusqu’à 60% des images médicales prescrites aux patientes atteintes de cancer du sein ne seraient pas justifiées médicalement, affirme une étude.

Les dernières actualités de la recherche contre le cancer sont présentées pour Sciences et Avenir et en exclusivité par le Pr David Khayat, chef de service de cancérologie à la Pitié-Salpêtrière

Selon les résultats d’une étude présentée lors du dernier « 2016 Quality Care Symposium », jusqu’à 60% des images médicales prescrites aux patientes atteintes de cancer du sein ne seraient pas justifiées médicalement.

Des chercheurs de l’Université du Michigan ont analysé les tests d’imagerie auxquels ont été soumises plus de 29 000 femmes atteintes de cancer du sein précoce entre 2008 et 2014. 20% d’entre elles ont passé au moins un scanner (CT-scans, PET scans ou scintigraphies osseuses) dans les 90 jours suivant le diagnostic ; la proportion de ces scanners était corrélée au stade d’évolution du cancer : de 6% pour les femmes au stade 0 jusqu’à 53% pour celle au stade IIB.

L’analyse a posteriori de ces scanners suggère une non-pertinence médicale pour jusqu’à 60% d’entre eux, selon les chercheurs. En effet, l’utilisation de ces tests serait déconseillée par les lignes directrices nationales dans la plupart de ces cas de figure : ils ne permettraient de détecter la propagation du cancer à d’autres parties du corps que dans 1% des cas. Pour les auteurs de l’étude, il est préoccupant que tant de femmes reçoivent des scanners qui représentent, pour elles, plus de risques (exposition excessive aux radiations, anxiété et surcoût financier) que de bénéfices.

Source : sciencesetavenir.fr