Cancer du poumon : une nouvelle thérapie prometteuse

Une nouvelle possibilité de traitement du cancer du poumon ralentit le développement de la tumeur chez des malades porteurs d’une mutation génétique.

Un espoir dans la lutte contre le cancer du poumon. Tout au moins pour certaines formes résistantes aux traitements chez des malades porteurs d’une mutation génétique. Cette avancée repose sur un travail récent qui vient d’être présenté à Vienne lors de la 17e conférence mondiale sur le cancer du poumon (environ 6000 cancérologues issus 100 pays) organisée par l’International Association for the study of lung cancer (Iaslc) et simultanément publié sur le site du New England Journal of medicine. Le cancer du poumon dit à non petites cellules est la forme la plus fréquente, environ 38 000 cas, soit 85% de la totalité des 45 000 nouveaux cas de cancers pulmonaires. Pour certains de ces patients, environ 15% en France mais 40% en Asie, la tumeur peut présenter dès le diagnostic une mutation au niveau du récepteur EGFR (voir encadré).

Mais, dans certains cas, la mutation n’apparaît que dans un second temps, parfois après d’ailleurs une réponse initiale aux traitements. Il en résulte alors une progression de la tumeur, souvent avec développement de métastases cérébrales. Chez ces patients, il existe désormais une seconde chance, avec une nouvelle possibilité de traitement, l’osimertinib (Tagrisso, AstraZeneca Pharmaceuticals), qui ralentit le développement de la tumeur.

Une nette supériorité sur le traitement standard

Cette molécule, une thérapie ciblée de la famille des inhibiteurs de tyrosine kinase (TKI), plus récente et dite de troisième génération, vient de démontrer sa supériorité sur le traitement standard lui à base de platine. Telle est la principale conclusion de l’essai Aura 3 présenté à Vienne. Il a été mené auprès de 419 patients tous porteurs de la mutation, avec ou sans métastases cérébrales, ayant reçu de manière randomisée soit le traitement standard, soit la thérapie ciblée. En pratique, pour les malades sous osimertinib, les bénéfices ont été de deux ordres : environ six mois supplémentaires gagnés sans aucune progression de la tumeur et également moins d’effets secondaires (troubles digestifs, éruptions cutanées).

Reste à attendre les résultats dits de survie globale qui eux ne sont pas encore disponibles. En attendant, « il faut que les oncologues aient le réflexe de rechercher le statut mutationnel des tumeurs », insiste le Dr Vassiliki Papadimitrakopoulou du Texas MD Anderson Cancer Center de Houston qui a participé à l’essai Aura 3. Car connaître l’existence de cette mutation secondaire peut permettre aux malades de bénéficier au plus tôt d’une meilleure prise en charge face à une tumeur responsable d’environ 30 000 morts par an, soit la première cause de décès par cancer chez les hommes et les femmes.

Source : sciencesetavenir.fr