Cancer du poumon : une alimentation trop riche pointée du doigt par une étude

Une alimentation excessive en glucides pourrait augmenter le risque de développer un cancer du poumon, y compris chez les non fumeurs. Mais des études plus précises seront nécessaires.

Une alimentation excessive en glucides pourrait-elle augmenter le risque de développer un cancer du poumon, y compris chez les non-fumeurs ? C’est ce que pensent les auteurs d’une nouvelle étude intitulée Glycemic Index, Glycemic Load, and Lung Cancer Risk in Non-Hispanic Whites et publiée dans la revue spécialisée Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention. Ils se sont particulièrement intéressés à la consommation d’aliments avec un indice glycémique élevé, comme le pain blanc, la purée de pommes de terre ou le riz soufflé. Ils ont recruté 1 905 patients récemment diagnostiqués d’un cancer du poumon et 2 413 individus en bonne santé. Tous ont été interrogés sur leur alimentation à l’aide d’un questionnaire. Les résultats montrent qu’un régime alimentaire riche en glucides à indice glycémique élevé est associé à un risque accru (+49%) de développer la maladie, en particulier chez les non-fumeurs.

Une étude qui comporte plusieurs biais

Plus un aliment a un index glycémique élevé, plus il a la capacité d’augmenter la glycémie dans le sang et plus l’insuline est libérée pour réguler cette élévation. Selon les auteurs, la présence d’insuline en grande quantité dans le sang élèverait les niveaux d’un certain type d’hormones de croissance dites « IGF » ou « IGF-1 » (« Insulin-like Growth Factor »), suspecté de favoriser le risque de cancer du poumon.

Largement médiatisée aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, la publication comporte néanmoins plusieurs biais évoqués par les auteurs. Leur étude cas-témoin ne peut en effet montrer de relation de cause à effet directe, et ne prend pas en compte les éventuels problèmes de santé des patients (diabète, maladie cardiaque). Elle se base en outre sur un questionnaire, ce qui ajoute de l’imprécision et nécessiterait en complément une étude prospective qui suit des individus initialement sains sur plusieurs années.

Enfin, d’un point de vue nutritionnel, l’index glycémique est une notion qui ne suffit pas à prévoir l’augmentation de la glycémie. Il faut prendre en compte toutes les composantes du repas, notamment la quantité de fibres ingérée (celles-ci l’augmentation de la glycémie), ainsi que la portion consommée. Des études complémentaires pourraient permettre d’affiner les résultats. Pour l’heure, on ne peut considérer que les glucides sont les nouvelles cigarettes, comme cela a pu être suggéré dans plusieurs articles de presse. Le principal facteur de risque du cancer du poumon est la cigarette : chez l’homme, 85% des cas de cancer du poumon sont imputables au tabagisme.

Source : sciencesetavenir.fr