Cancer : dix propositions clés pour le nouveau gouvernement

Unicancer, groupe hospitalier exclusivement dédié à la lutte contre le cancer, attend du nouveau président Emmanuel Macron qu’il inscrive la lutte contre cette maladie dans les priorités du prochain quinquennat. Ce dernier propose plusieurs propositions pour lutter efficacement contre la première cause de mortalité en France.

Dans son programme électoral, Emmanuel Macron regroupait ses propositions en matière de santé autour de trois défis majeurs: la prévention, l’accès aux soins et la soutenabilité financière. « Nous ne sommes pas bons pour prévenir la maladie et combattre les facteurs de risque que sont le tabagisme, l’alcoolisme, l’obésité, la sédentarité. Les inégalités de santé entre les Français sont vives: un cadre vit encore 6 années de plus qu’un ouvrier ! », faisait alors savoir le candidat d’En Marche !.

Si ce thème a été présenté comme une priorité en soi, Unicancer, qui réunit l’ensemble des Centres de lutte contre le cancer (CLCC) souhaite que le nouveau gouvernement s’engage particulièrement dans la lutte contre le cancer. Selon le ministère de la santé, les cancers demeurent la première cause de mortalité en France: ils sont au total responsables aujourd’hui de près de 150 000 décès chaque année.

Par ailleurs, près de 355 000 personnes ont un diagnostic de cancer chaque année dont 200 000 hommes et 155 000 femmes. Des chiffres qui ont doublé ces 30 dernières années en raison de l’augmentation de la population française et de son âge, de l’amélioration de la détection, des comportements à risque (tabac, alcool, rayons UV), du mode de vie (nutrition, sédentarité, obésité), et de l’environnement. « Une grande partie de ces cancers est pourtant considérée comme évitable. », précise-t-il.

Des solutions pour d’autres maladies

Alors que sous le gouvernement de François Hollande, un plan cancer 2014-2019 a été lancé, Unicancer propose au nouveau gouvernement de poursuivre dans cette voie. Pourquoi prioriser le cancer ? Car outre son impact sur la mortalité en France, il s’agit d’une pathologie « modélisante ».

« Autrement dit, toute innovation dans la prise en charge de la maladie cancéreuse permet de développer des solutions applicables à d’autres types de pathologies. S’intéresser particulièrement à la lutte contre le cancer, c’est aussi faire des progrès qui vont bénéficier à d’autres malades, dans les traitements thérapeutiques mais aussi dans l’organisation des soins », précise le Pr Patrice Viens, président d’Unicancer.

L’objectif est simple: garantir à tous les Français une prise en charge de qualité. Unicancer propose ainsi dix propositions clés dans ce sens, éprouvées dans les 20 centres régionaux de lutte contre le cancer. La fédération propose en premier lieu de garantir une prise en charge des malades sans aucun dépassement d’honoraires, de lancer un nouveau Plan cancer et de mieux financer l’innovation, aussi bien médicale qu’organisationnelle.

« Relever les défis de la cancérologie de demain »

Quant aux établissements de référence en cancérologie eux-mêmes, elle recommande d’accompagner l’émergence de nouveaux métiers en cancérologie et de leur donner les moyens de coordonner le parcours de soins des malades.

« Nous avons bon espoir d’être entendu par le nouveau gouvernement, les orientations ‘santé’ connues à ce jour vont dans le sens de nos propositions, nous sommes confiants et nous invitons le gouvernement à s’emparer de nos propositions pour relever les défis de la cancérologie de demain », déclare le Pr Patrice Viens.

Ces propositions, disponibles sur prioritescancer.unicancer.fr, intègrent également les principales tendances d’évolution de la cancérologie identifiées par les trois études réalisées par Unicancer en 2013, 2015 et 2016 auprès de plus d’une centaine d’experts. Celles-ci analysent les principales avancées en ce qui concerne les soins et les tendances sociétales et organisationnelles.

Un effort collectif à poursuivre

La dernière étude réalisée en 2016 montre que la cancérologie ira vers l’augmentation de la chirurgie ambulatoire, le développement de la télémédecine, le renforcement du rôle du patient et la progression de la e-santé. Si de nombreux défis sont à relever, Unicancer souligne que des révolutions sur le plan scientifique déjà sont en cours: thérapies ciblées, immunothérapie ou encore nouveaux équipements de radiothérapie, comme la protonthérapie.

Selon le groupe hospitalier, la France est d’ailleurs bien positionnée par rapport aux autres pays. « Tous les indicateurs relatifs à la lutte contre le cancer le démontrent (taux de survie, positionnement de la recherche, classement au niveau mondial,…) ». Cependant, rien n’est acquis de manière définitive et c’est pour cette raison que « le nouveau gouvernement doit poursuivre l’effort collectif engagé. », conclut Unicancer.

Dans son programme électoral, Emmanuel Macron souhaite notamment renforcer l’une des mesures entrée en vigueur dans le cadre de la loi de modernisation de notre système de santé: le droit à l’oubli. Avec le droit à l’oubli, une personne ayant souffert d’un cancer n’est plus tenue de le déclarer au moment de souscrire un contrat d’assurance 10 ans maximum après la fin de son traitement (5 ans pour un cancer diagnostiqué avant 18 ans.) Le nouveau président souhaite réduire ce délai à 5 ans et l’étendre à d’autres maladies.

Source: santemagazine.fr