Burn-out: la HAS recommande une prise en charge individuelle

Face au burn-out, dont « le diagnostic reste difficile à établir », la Haute autorité de santé (HAS) recommande aux médecins traitants d' »individualiser la prise en charge » et « d’entrer en contact » avec le médecin du travail, dans une note publiée ce lundi.

Après les problèmes musculo-squelettiques, « la souffrance psychique causée ou aggravée par le travail est le 2e groupe d’affections d’origine professionnelle décrit dans la population salariée active française », selon la HAS.Le syndrome reste cependant « difficile à établir » et « peut souvent passer inaperçu, être diagnostiqué à tort ou encore être traité de façon inadéquate », souligne-t-elle dans un communiqué.Il se traduit par « un épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel », et « peut avoir des conséquences importantes sur la santé et la vie sociale des personnes », rappelle-t-elle.

Six catégories de facteurs de risques psychosociaux sont énumérées pour aider les professionnels: l’intensité et l’organisation du travail (surcharge de travail, imprécisions des missions, objectifs irréalistes…), les exigences émotionnelles importantes avec confrontation à la souffrance, à la mort…, l’autonomie et la marge de manoeuvre, les relations dans le travail, les conflits de valeurs et enfin l’insécurité de l’emploi. L’Agence relève les particularités des soignants « exposés au risque d’épuisement professionnel étant donné la pénibilité de leur travail », précisant que de « nombreuses études récentes montrent une morbidité particulièrement élevée » chez ces professionnels. « Dans l’intérêt du patient et avec son accord, il est indispensable qu’un échange ait lieu entre les médecins du travail et traitant », notamment pour « alerter et avoir un éclairage sur le lieu de travail », recommande la HAS.

Elle précise qu’il revient au médecin traitant de coordonner la prise en charge et que celle-ci doit être individualisée. « La prescription d’un arrêt de travail est le plus souvent nécessaire », en revanche un traitement antidépresseur ne doit pas être « systématique ». La prise en charge peut se fonder sur des interventions psychothérapeutiques et psychocorporelles (thérapies de relaxation…), explique-t-elle. « Même si la question de la prévention est évoquée notamment par le biais du rôle du médecin du travail, elle reste peu abordée dans ces recommandations », a déploré dans un communiqué l’association des accidentés de la vie (Fnath). L’association regrette également que « ces recommandations ne distinguent pas assez les rôles respectifs des médecins généralistes, d’une part, et des médecins du travail, d’autre part ».

Source: lefigaro.fr