Bronzage artificiel et cancer : les professionnels diffuseront bien des messages préventifs

Le Conseil d’Etat a validé ce mercredi les mises en garde pour la santé que devront diffuser les centres de bronzage artificiel. Un arrêté d’octobre 2014 obligeait les professionnels du secteur à prévenir des risques de la pratique pour la santé mais ceux-ci le contestaient.

« Le rayonnement artificiel d’un appareil de bronzage peut provoquer des cancers de la peau et des yeux » : ceci est l’une des mises en garde que devront systématiquement diffuser les centres de bronzages français. Le Conseil d’Etat a validé ce mercredi un arrêté du 20 octobre 2014, obligeant les professionnels du secteur à mettre en garde leurs clients sur les risques du bronzage artificiel. Ceux-ci l’avaient contesté via le Syndicat national des professionnels du bronzage en cabine, la Confédération nationale de l’esthétique-parfumerie et la société SAS Alizés Diffusion. La plus haute juridiction administrative française a estimé que les mesures que cet arrêté met en place « ne sont pas disproportionnées au regard des risques que représentent les appareils de bronzage pour la santé et la sécurité des consommateurs ».

Il existe « un lien direct entre l’exposition aux ultraviolets et la survenue de cancers »

Dans des études respectives, l’Organisation mondiale de la santé, l’Institut national du cancer, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et l’Institut de veille sanitaire, ont constaté « un lien direct entre l’exposition aux ultraviolets, notamment aux ultraviolets artificiels, et la survenue de cancers cutanés, en particulier de mélanomes », a expliqué le Conseil d’Etat dans un communiqué. Seule une mention a été retirée de l’arrêté de 2014 : celle attestant que « dès la première exposition aux appareils de bronzage, le risque de développer un cancer cutané augmente de 60% » car le Conseil a estimé que ses fondements manquaient d’exactitude.

La profession accuse un deuxième coup dur après l’interdiction en 2015 de la publicité pour les cabines de bronzage, ainsi que de leur mise à disposition aux mineurs, adoptée dans le cadre de la loi de modernisation du système de santé. Et ce n’est peut-être pas terminé puisque l’Académie de médecine s’est prononcée l’année dernière en faveur de l’interdiction totale des cabines de bronzage, comme cela a été fait en Australie et au Brésil. Il existe en France environ 10.700 centres de bronzage et 40.000 appareils en fonctionnement, en comptant ceux des particuliers.

Source : francebleu.fr