Bientôt un simple test pour prévenir le cancer ?

C’est une étude dont le résultat pourrait signer une avancée majeure dans la lutte contre le cancer. Des chercheurs britanniques de l’université de Swansea viennent d’annoncer qu’un simple test sanguin pourrait permettre de prédire, jusqu’à dix années avant, l’apparition du cancer. Ce test pourrait être disponible dans cinq ans.

La lutte contre le cancer pourrait prendre un tournant. Des chercheurs britanniques de l’université de Swansea, en Grande-Bretagne, ont rendu publique cette semaine une étude affirmant qu’un test sanguin pourrait permettre d’anticiper l’apparition du cancer dix années auparavant.

Pour détecter la potentielle tumeur maligne, le professeur Gareth Jenkins, qui a dirigé l’étude, explique que « le test détecte les changements, appelés mutations, dans les protéines de surface des cellules rouges du sang. Ces mutations de globules rouges ne jouent pas un rôle direct dans le processus de développement du cancer. Ils sont les « dommages collatéraux » produit dans les cellules sanguines circulantes comme un sous-produit d’un cancer en développement. L’avantage de la mutation de cellules sanguines est qu’il peut être contrôlé d’une manière simple, efficace et non invasive. »

Chez les individus témoins sains, seulement quelques cellules mutées sont détectées par million de globules rouges. Chez les patients souffrant de cancer, ce taux peut augmenter de plus de dix fois. Chez les patients subissant une chimiothérapie, qui sont exposés à des médicaments, les niveaux peuvent être plusieurs centaines par million.

En France, le cancer touche, chaque année, environ 355 000 personnes et fait 148 000 morts. Selon les scientifiques à l’origine de l’étude, ce test sanguin permettrait de mettre en place rapidement certaines mesures de prévention. La technique pourrait faire gagner un temps précieux dans la lutte contre la maladie. Il ne prend que quelques heures et ne coûterait que 35 livres (environ 41 €). Après des tests à plus grande échelle, il pourrait être disponible d’ici à cinq ans.

Un « détecteur de fumée » du cancer

Les études, qui ont débuté il y a quatre ans, comprenaient des patients sains et des patients atteints de cancer de l’œsophage. « Un cancer où le taux de guérison est faible. Souvent en raison d’un diagnostic tardif. » De nouveaux essais sur le cancer du pancréas ont débuté.

« Le test peut être assimilé à un « détecteur de fumée de cancer », résume le professeur Jenkins, car un détecteur de fumée ne détecte pas la présence du feu lui-même dans nos maisons, mais ses sous-produits. Ce test permettra de détecter le cancer en en détectant la « fumée » – c’est-à-dire les globules mutés. Le vieil adage « pas de fumée sans feu » s’applique également : pas de cancer sans mutation. »

À l’heure actuelle, en France, les moyens de dépistage organisés demeurent la mammographie, qui est proposée tous les deux ans aux femmes âgées de 50 à 74 ans. Le frottis cervico-vaginal diminue la morbidité des cancers du col utérin. Réalisé tous les trois ans (ou plus chez les femmes à risque), il doit être prolongé jusqu’à 65 ans au moins. Le cancer de la prostate est le premier cancer diagnostiqué chez les hommes. Le dépistage devrait s’effectuer tous les ans, à partir de 50 ans. Le cancer du côlon et le cancer du rectum sont des cancers colorectaux. Le dépistage le plus courant consiste à effectuer une coloscopie à partir de 50 ans.

Source : ouest-france.fr